Jean Louis Boya

Un féru de chimie devenu capitaine en transit

Le patron de Keedi Logistics est un transitaire au long cours. Ses challenges, encore innombrables comme les grains de sable.

Les spécialistes en coaching disent que pour réussir dans la vie il faut de nombreux ingrédients. Mais les plus essentiels sont la chance et la compétence. A ces deux, le hasard peut aussi être un excellent allié. La vie de Jean Louis Boya est un peu le résumé de tout cela, avec un accent prononcé sur la compétence.

D’abord sa formation académique. Sa sortie de l’enseignement secondaire se couronne par un baccalauréat D. Une option qui prépare pendant deux longues années l’esprit du jeune qui y est inscrit aux questions botaniques, biologiques, chimiques etc. La passion des zygotes et tous les vocables de cet univers va perdre ses enzymes à l’université de Douala. Les laboratoires ici datent de mathusalem. Toute la biologie apprise au secondaire perd ses anticorps. Les métastases affectent le choix de prédilection du jeune Jean Louis. Début du coma de la passion scientifique. « Je voulais d’abord être un chimiste. Mais les conditions dans lesquelles se déroulaient les cours  en faculté de science de l’université de Douala et autres m’avait découragé », confesse-t-il encore.

En deuxième année à l’université, une conviction s’empare de son esprit. S’il faut aller loin, les concessions sont souvent nécessaires. Nous sommes en 2001. Les yeux du jeune étudiant sont désormais rivés sur le babillard des grands concours. Dans le pipe, deux grandes écoles sont vite repérées. L’Institut universitaire de Douala (IUT) et l’Ecole économique et commerciale (ESSEC). Le jeune étudiant enfile jeans bleu et tennis aux pieds. Direction, IUT où le désir est de faire éclore magistralement l’esprit entrepreneurial qui bouillonne déjà. A l’IUT, la filière Gestion appliquée aux petites et moyennes entreprises (GAPME) est ciblée. Entretemps, l’ESSEC publie ses résultats.

Germe aussi une autre ambition. Celle d’embrasser un secteur réservé aux dieux du savoir.  Le commerce international et la logistique. Ici, en deuxième année, cette filière se noie. Inexistante, le top management exige la présence de douze étudiants au moins pour que les portes de l’amphi soient ouvertes. La hargne d’un manager déjà ensemencée en Jean Louis Boya fait surface. Il débute une solide prospection qui va l’emmener à rassembler quinze étudiants. La filière Gestion du commerce international et transport prend un canoë, qui est devenu un vrai bateau à l’ESSEC.

Les cours se passent avec succès. Major, il débute sa vie professionnelle comme stagiaire chez Unitrans Cameroun. Plus tard il est accueilli au Guichet Unique des opérations. Dans cette entreprise à la rigueur kantienne, ses anciens collaborateurs parlent sans fioritures d’un homme compétent. Il jouera un rôle reconnu à la matérialisation du commerce extérieur à travers la mise sur pied de la première procédure électronique – la célèbre procédure CIVIO. « Ce qui lui a valu une note de 18/20 pour son mémoire de fin de stage », glisse un ancien collaborateur.  

Les performances engrangées auprès du Guichet Unique le conduisent directement chez Logistics Oil and compagny où il est directeur général et juste après, directeur général chez Mairland. Se sentant avoir les côtes plus solides en 2013, la décision de plonger à son compte se matérialise par le lancement de Keedi Logistics. Une entreprise qui offre des services douaniers comme le transit, le transport, le conseil. Le voyage se passe sans turbulences capables de braquer la détermination du manager en chef. De nombreux challenges sont sur sa table de l’auteur du livre « Pratique de la douane et du transit », comme avoir une entreprise plus conquérante, gagner le cœur et la confiance de tous ses usagers et divers opérateurs économiques qui rêvent de voir un secteur de transit sans vagues bruyantes.

Aloys Onana 

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