Léocadie GWETH

Léocadie Gweth, directrice générale de Le Phoenix

« Il faut faire confiance au Made in Cameroon »

A l’occasion de la journée internationale de l’industrie et de la célébration de la petite et moyenne entreprise, Le Phoenix, productrice de BabyTina, un aliment pour nourrissons, suggère aux parents d’intégrer les produits locaux, le made in Cameroon dans l’alimentation de leurs enfants.  

Vous venez d’organiser à Douala le 16 novembre, une exposition de votre produit Baby Tina. Peut-on revenir sur le sens de cette rencontre ?

La portée de l’évènement de cette journée dégustation que vous évoquez visait à sensibiliser les parents sur la nutrition infantile à base des produits que nous cultivons chez nous.  C’est dans cet objectif que nous avons crée Baby Tina, car nous nous sommes rendus compte que les parents ont l’obligation de  nourrir leurs enfants, mais ne prêtent pas attention à ce qu’ils donnent à leur progéniture à bas âge.  Je me suis donc souvenue lorsque nous étions plus jeunes, nos mamans utilisaient du macabo qu’on trouve chez nous, du haricot, ce qui donnait de l’embonpoint. Il n’y avait pratiquement rien à envier à ceux nourrissaient leurs enfants à autre chose. C’est ainsi que l’idée nous est venue de créer un produit qui répond à ces exigences, convaincue qu’il s’agit d’un produit sain et approprié à la santé et à la nutrition des enfants.  Mais pour résoudre le problème du temps de cuisine, étant donné que les mamans sont de plus en plus employées, salariées, entrepreneure etc., on l’a fait en instantané, donc l’on ne passe pas du temps en cuisine. Juste un peu d’eau tiède, froide avec du lait. On y trouve de la tomate, de la carotte. Des mélanges qu’on peut donner aux enfants, aux tout petits, aux nourrissons. Traduction, à partir de nos produits, on peut créer des crêpes pour recevoir des amis adultes.

Haricot et igname sont-ils appropriés à la nutrition des enfants qui ont moins d’un an par exemple ?

Oui, bien sûr ; n’oubliez pas que le haricot est un aliment complet. Ce n’est donc pas par hasard que nous l’avons utilisé. Lorsqu’on regarde la constitution des produits comme l’igname, elle est riche en éléments nutritifs, en fer, en iode, en phosphore dont les enfants ont besoin pour leur bonne croissance. Nous n’y ajoutons rien de chimique, c’est un produit entièrement naturel.

Lorsqu’on évoque le made in Cameroon, surgit un problème, la capacité à être apte devant une demande forte. Quelles sont productions mensuelles, annuelles, sinon hebdomadaires ?

Nous sommes capables de produire 200 à 500 cartons. Nous avons une petite unité de production et si la demande se fait croissante, nous sommes en mesure d’adapter notre outils de production pour répondre efficacement à une demande qui se trouverait être très forte.

Les questions nutritives sont d’une extrême exigence. Plus préoccupantes encore lorsqu’il s’agit de la nourriture des enfants…

Tina Baby est déjà certifié, origine Cameroun certifié, c’est le label qui nous a accompagnés tout au long de cette phase et qui continue de nous accompagner pour se rassurer que sur le plan de la qualité, nous respectons tout ce qui est lié à la norme, hygiène, c’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas voulons faire ce produit à la maison. Nous avons dédié tout un espace pour réaliser notre production.

Et le coût de production ?

Nous sommes encore, je peux le dire ainsi, à la phase d’investissement, mais actuellement ce qui a déjà été dépensé tourne autour de 30 à 40 millions de FCFA.

Et que vous révèle votre étude du marché pour être sûr de tenir ?

Nous pensons que d’ici 2025 nous parviendrons à couvrir nos charges, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui mais nous pensons qu’à cette échéance là, nous pourrons être rentables. Le plus difficile aujourd’hui, c’est de gagner des parts de marché. Nous sommes une PME qui fait ses premiers pas. Nous avons un nouveau produit, la nouveauté fait parfois peur. Il faut laisser de côté cette peur, et faire confiance au made in Cameroon, à Baby Tina. Il y a des hôpitaux qui nous font déjà confiance, nous voulons que cette confiance se poursuive, car la diversification alimentaire des enfants est une exigence.

Jeune PME, combien d’employés avez-vous ?

Une dizaine. Ça fluctue, mais c’est le nombre qui est là, parfois plus, parfois moins.

En face de vous il y a des champions du monde de la nutrition infantile. Que faire pour résister et gagner des parts de marché importantes ?

Notre ambition, c’est de tutoyer ces groupes. Cela ne se fera pas en un jour, il faut du temps, l’entrepreneuriat demande de la patience, de la planification, de l’engament, de la stratégie. Donc, en un jour, nous ne deviendrons pas hyper mondial, mais le défi est de se développer et avoir la confiance des consommateurs.  Nous pouvons tenir. Il faut tenir, que les Camerounais consomment nos produits, c’est la source de motivation.

Parlez-nous de vous-mêmes, en cette semaine consacrée à l’industrialisation ?

Je suis dans un processus de reconversion professionnelle, parce que  j’ai fait plus de la finance, la comptabilité, l’audit. L’aventure de Baby Tina est venue de ce souci que j’ai eu de bien nourrir mes enfants, ils sont trois et moi-même, j’ai 35 ans cette année. Le nom Baby Tina, c’est le nom de la dernière.

Avez-vous fait recours aux banques pour avoir accès aux financements ?

Pour l’instant, non, mais beaucoup plus, les appuis de l’Etat. Et pour les financements, je ne suis pas seule dans cette aventure, il y a des associés. Je fais parallèlement des consultations pour pouvoir continuer à financer cette réalisation business. Il y a des membres de la famille, des amis, qui nous soutiennent.

Il vous fallu combien de temps pour achever la conception, la production de votre produit ?

De la conception jusqu’à la mise sur pied, il nous a fallu 2 ans. De fin 2016 à fin 2018.

Propos recueillis par

A.O

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