L’économie du Cameroun

Au début des années 1980, le Cameroun était parmi les pays africains les plus prospères du point de vue économique. En effet, jusqu’en 1985 et pendant deux décennies de croissance régulière, l’économie camerounaise a enregistré des taux de croissance réels de l’ordre de 7 %. Les années suivantes furent marquées par une forte récession. Une des causes est la chute des cours du café, du cacao et du pétrole qui ont conduit à une déterioration des termes de l’échange.

L’économie du Cameroun est la plus diversifiée d’Afrique centrale, non seulement grâce à de nombreuses implantations étrangères mais aussi à de nombreux groupes nationaux . On retrouve dans le pays, des activités très variées notamment dans les secteurs forestiers et agricoles (cultures de rente et vivrières), les hydrocarbures, l’industrie autour des boissons, sucrerie, huilerie, savonnerie, minoterie, aluminium, ciment, métallurgie, première transformation du bois, etc.

Le Cameroun s’est engagé dans une politique visant à réduire sa dépendance à l’égard du secteur des hydrocarbures dans le cadre d’une stratégie de diversification de son économie actuellement dominée par le pétrole. L’objectif de cette politique est de faire en sorte que le pays devienne une économie emergente à l’horizon 2035.

Signataire depuis 2016 d’un accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne, le Cameroun a vu ses recettes douanières s’effondrer. En trois ans, les finances du pays ont cumulé des pertes s’élevant à 10,6 milliards de francs CFA (16 millions d’euros).

L’economie du cameroun: son histoire

Le Cameroun devient un pays producteur de pétrole en 1977. Prétendant vouloir faire des réserves pour les temps difficiles, les autorités gèrent les recettes pétrolières « hors budget » dans la plus totale opacité (les fonds sont placés sur des comptes parisiens, suisses et new-yorkais). Plusieurs milliards de dollars sont ainsi détournés au bénéfice de compagnies pétrolières et de responsables du régime (plus de 10 milliards entre 1977 et 2006 selon une étude de l’université d’Oxford). L’influence de la France et de ses 9 000 ressortissants au Cameroun reste considérable. La revue African Affairs note au début des années 1980 qu’ils « continuent à dominer presque tous les secteurs clés de l’économie, à peu près comme ils le faisaient avant l’indépendance. Les ressortissants français contrôlent 55 % du secteur moderne de l’économie camerounaise et leur contrôle sur le système bancaire est total. »

En 1985, le pétrole représente 30 % du PNB et 80 des revenus d’exportation du Cameroun. La manne pétrolière ne profite que très peu aux populations : il faut, explique le pouvoir, « éviter l’emballement de la machine à distribuer les crédits publics et l’anesthésie de la force de travail de la nation. »

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