Différend

62 millions de FCFA opposent  MRS Corlay à SETRAPS

La société d’étude  de travail et de prestation de services (Setraps) ne décolère pas et attend que son dû lui soit mis sur la table.  

C’est l’histoire d’une collaboration entre deux associés qui tourne du mauvais côté. Partenaires depuis 2014, la Société d’étude de travail et de prestation de services (Setraps) fournissait des services à MRS Corlay. Un acteur connu dans la distribution des produits pétroliers. Des moments de fortes entrées comme dans les moments de faibles rendements, un pont demeure entre les deux. Des arriérés s’accumulent souvent, allant jusqu’à quatre mois. La direction de MRS prend l’habitude d’éponger juste un mois et relègue les autres à une date indéterminée.

C’est ainsi que, lentement mais progressivement, l’ardoise va se saturer. La flèche monte vite à 62 millions de FCFA, soit l’équivalent de douze mois. Un montant à payer à Setraps, une entreprise dont le contrat avec MRS Corlay veut que chaque mois, cinq millions lui soient posés sur la table pour services rendus. Seulement, la dette n’est pas due uniquement à la PME de Daniel Kana-Kana. Une autre lourde ardoise est due à la Société nationale de raffinage (Sonara), où le tableau affiche 7 milliards de FCFA à payer à l’entreprise pétrolière de Limbé. MRS Corlay est donc subjuguée par les dettes. Paul Bissohong, le directeur général sortant de MRS  règle au ¾ la dette auprès de l’entreprise pétrolière de Limbé. Il change de porte feuille entretemps, après avoir défini le processus de règlement des dettes à Setraps. La nouvelle équipe dirigeante arrive.

Les déboires de Setraps se musclent. « Pour faire suite au changement du logiciel de gestion en cours dans notre société, nous venons par la présente vous notifier notre décision de mettre un terme au contrat de fourniture et prestation de services qui lie Setraps et Corlay Cameroun depuis février 2014. Ainsi que prévu par ce contrat, l’article 8 de la page de garde alinéa 1 dispose que le présent contrat pourra être dénoncé par l’une des parties par lettre portée avec décharge adressée à l’autre partie au moins deux mois avant l’expiration de la période contractuelle en cours », écris Martin Otunba, le nouveau patron au Cameroun de MRS Corlay.

Ce n’est pas la cessation du contrat qui fait problème. Mais plutôt le manque des mesures d’accompagnement et la non prise en compte de la dette. Chez MRS Corlay, l’on souffle que l’équipe managériale nigériane est en négociation. En face, l’on veut plus de célérité et de franchise dans les mots.  « Les anciens patrons ont laissé un programme pour commencer à payer les prestataires, sachant que progressivement on allait épuiser les dettes. La nouvelle équipe met plus d’accent sur les achats des produits à mettre dans ses stations, pendant que les prestataires peuvent attendre. Ce que nous supportons pas », s’étrangle Daniel Kana-Kana.

Pour lui,  « l’activité s’agrandit. Il y a eu des moments où MRS vendait 25 millions de litres de carburant. Certes ces derniers temps ils sont à 7 ou 9 millions de litres. Je leur ai dis que s’ils n’ont pas d’argent ils peuvent proroger le préavis de cessation jusqu’à la date où ils sauront qu’ils pourront me payer car c’est eux qui ont dénoncé le contrat et ils n’ont pas d’argent pour me dédommager. Je crois qu’ils ne veulent car c’est moi qui suis à la charge des produits Sonara et SCDP, c’est qui leur donne leurs quantités sorties. C’est moi qui leur donne les quantités. Donc ils peuvent mentir aux autres prestataires et pas à moi », gronde le patron de Setraps.

Powell Toukam

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