Visite de travail : le Gicam plonge Issa Tchiroma Bakary dans un profond embarras

Issa Tchiroma Bakary, après la rencontre avec les patrons

Le premier patronat du Cameroun fustige la non implication du secteur privé lors de l’élaboration de la loi du 18 juillet 2018 régissant la formation professionnelle au Cameroun et demande des comptes sur la construction des centres de formation professionnelle.

« S’il était possible de différer mon intervention pour organiser une concertation avec mes collaborateurs afin de pouvoir réunir les éléments de réponse à ce discours fondateur, parce que c’est un discours très important ! Quand on est partenaire dans un environnement aussi difficile que celui-là, il faut avoir l’humilité et le courage d’écouter le partenaire », confie Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle (Minefop).

C’est que, le 8 octobre à Douala, le patron du Minefop arrive au Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam). Objectif, vulgariser les nouveaux textes de loi et règlement régissant la formation professionnelle au Cameroun. Belle occasion pour Célestin Tawamba,  président du Gicam de lui dire « ses vérités », celles qui agacent les patrons réunis au sein de ce mouvement de créateurs de richesse.

De la douce colère de Célestin Tawamba, quelques récriminations à l’examen de loi du 18 juillet 2018, elle-même assortie de 18 décrets. Le Gicam relève « l’absence de  concertation préalable avec la représentation patronale dans le processus d’élaboration » de ladite loi. Le second point qu’indexe le Gicam, le projet de construction de Centres de formation professionnelle spécialisée (CFPS). Pour ce idée, une convention de financement avait été signée en décembre 2014. Son montant, 15 millions d’Euro (9 milliards 825 millions de FCFA), des fonds issus de l’Agence française de développement (AFD) et du Cameroun, sont disponibles depuis 2015.

Rendu en octobre 2020, le taux d’exécution de ce projet est de 17 %. La cérémonie de pose de la première pierre est envisagée depuis belle lurette et n’a jamais eu lieu. Certains marchés du projet ont été attribués en mode gré à gré, tous annulés l’année dernière. Le mode de gouvernance des CFPS retenus dans les divers accords entre l’AFD, le Minefop et le Gicam est le Groupement d’intérêt public (GIP), qui implique une gestion privée des centres. Sauf que depuis deux ans, « le Gicam attend les textes du GIP pour son avis. Et donc, « ce projet essentiel et stratégique pour apporter une solution à l’épineux problème de l’emploi professionnelle est plombé du fait du fiasco qu’ont été les interventions de l’administration de tutelle, en l’occurrence le Minefop. Censé prendre fin en 2019, ce projet n’a pas connu de début de commencement alors même que les financements y afférents sont disponibles depuis 6 ans », regrette le Gicam, qui avait injecté 42 millions de FCFA pour cette initiative.

Aloys Onana

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