Paul Biya : 37 ans de pouvoir, zéro rencontre avec le secteur privé

Si Paul Biya avait une rencontre annuelle avec les patrons du secteur privé semblable à la cérémonie des vœux de nouvel an du corps diplomatique et autres corps constitués – comme cela est fait en ce 9 janvier 2020- peut-être, l’économie camerounaise aurait un autre visage loin des 3,9 % de croissance du PIB en 2019. Pourtant en 37 ans de pouvoir, le président de la République ne s’est jamais assis avec les mouvements patronaux et autres créateurs de richesses du Cameroun pour échanger avec eux sur la situation économique du pays et des vrais mécanismes à mettre en place pour que le pays soit plus attractif, plus productif, créant de l’emploi.

Ce qui n’est le cas et cela  déplaît aux capitaines d’industries qui, poliment, expriment leur agacement. Encore frais dans nos mémoire, la dernière sortie du président du Groupement inter patronal du Cameroun – (Gicam) dans les colonnes de Jeune Afrique dans une récente parution. « Nous souffrons de ne pas le rencontrer. Nous devons discuter avec notre chef, lui faire part de ce que nous pensons de la marche  de l’économie. » « Le CBF (Cameroon business forum) doit être présidé par le Chef de l’Etat, comme en Côte d’Ivoire et au Sénégal. C’est de cette manière que cela marche ailleurs pour un vrai dialogue public – privé », déclarait le président Célestin Tawamba.

Car, même si le gouvernement a lancé il y a plus d’une décennie le CBF, le pays continue à faire pale figure dans les notations de la Banque mondiale, le Doing business 2020 pointe encore un mauvais climat des affaires, le pays a perdu une place. Il est la 176e économie sur 190, alors qu’il y a un an il occupait la 166e place. Pourtant le poids du secteur privé n’est plus à démontrer. A en juger par la floraison des mouvements patronaux. Le premier d’entre eux, le Gicam, compte près de 1000 adhérents. Entreprises du Cameroun (Ecam) de Protais Ayangma revendique près de 600 membres. D’autres mouvements existent et ne sont pas pauvres en PME-PMI. Ce que le secteur privé ainsi que d’autres acteurs amis des questions économiques attendent en cette année 2020, c’est l’implication totale du chef de l’Etat dans la vie palpable de l’économie locale, non de simples discours insipides ou des déclarations superficielles. Apparaissent ici, le règlement de la dette intérieure évaluée à 1500 milliards de francs, la disponibilité de l’électricité, l’accès aisé à la terre, l’encouragement des nationaux à l’agriculture, l’aménagement des routes dans l’arrière pays etc. Vivement un tête-à-tête entre Paul Biya et les créateurs de richesse du Cameroun.

Aloys Onana

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