Gestion publique : manque de coton et une dette de plus de 21 milliards de FCFA poussent CICAM de Garoua à la fermeture

La Cotonnière industrielle du Cameroun (CICAM) refait parler d’elle, encore pour une mauvaise nouvelle. Car après l’échec de cette entreprise à produire des masques de protection contre le covid 19, cette fois, l’usine de Garoua depuis de longues semaines fonctionne de manière intermittente.

Le nouveau management par suspension  est mis en exergue par le directeur de production (DP), qui a déjà envahi le bureau de Edouard Ebah Abada –son directeur général- de notes d’informations annonçant la mise à l’arrêt de CICAM  de Garoua. L’une des notes d’informations du DP remonte au 14 janvier 2021. « Le personnel est informé que suite au retard d’approvisionnement en coton, le travail se déroulera  de la manière suivante : prolongement de la fermeture de l’usine. Reprise le mardi 19 janvier 2021 à 06heures  du matin dans tous les ateliers suivant le programme habituel en cas d’apprivoisement », écrit le DP Adoum Abagana.

Si la note citée précédemment date du 14 janvier 2021 et porte le numéro 004/21/AA/SA, l’on brandit une autre. Celle N°003/21/AA/SA datant du 11 janvier 2021. « Le personnel est informé que suite au retard d’approvisionnement en coton, le travail se déroulera  de la manière suivante : prolongement de la fermeture de l’usine. Reprise le vendredi 15  janvier 2021 à 06heures  du matin dans tous les ateliers suivant le programme habituel en cas d’apprivoisement. »  Ici apparait une seule défaillance. Le manque de coton, pour que l’usine puisse fonctionner comme à son habitude.

Entretemps, les nouvelles sur cette entreprise ont envahi la toile. Certaines l’annonçant fermée depuis trois mois. Le directeur du marketing basé à Douala a donc, le 12 janvier 2021, publié un communiqué. Plutôt fourni en informations qui indiquent que la CICAM  va mal, très mal et que toute la chaine peut du jour au lendemain s’arrêter.

« Nous tenons à rétablir les faits », indique le patron du marketing. Selon lui, la modernisation  de l’usine de Garoua engagée depuis plusieurs années se poursuit progressivement, avec l’installation de nouvelles machines. Et donc, «  l’installation de ces infrastructures conduit souvent à l’arrêt momentané de la production (production en chaine) entrainant de perturbations dans la chaine d’approvisionnement des usines de Douala. »

Traduction, le DP de Garoua se trompe sur la vraie cause des arrêts répétitifs de la CICAM Garoua, et c’est son directeur marketing à Douala qui détiendrait la bonne information. La suite du patron du marketing. « Pour pallier ce déficit, nous avons recours de façon ponctuelle aux importations d’écrus depuis 2006. Ce qui n’est pas nouveau, dans le seul but de répondre  en temps réel aux besoins du marché camerounais. »

Le boss du marketing rejoint donc le DP de Garoua sur le manque de coton. « Le problème d’insuffisance d’écrus est consubstantiel à la fermeture de la deuxième filature de l’usine de Garoua. La CICAM, vieille de 55 ans, cumule une dette de plus de 21 milliards de FCFA. En outre, l’entreprise  fait face à une vétusté prononcée de son outil de production et une concurrence déloyale qui plombent ses parts de marché. »

Le covid-19 est passé par là. Le boss du marketing  souffle une perte de plus de 3 milliards de FCFA. « La conséquence immédiate de ce déficit est l’incapacité de l’entreprise à honorer ses engagements auprès de ses principaux fournisseurs tels qu’Eneo, Gaz du Cameroun, Sodecoton,CHT Bezema, Cnps, et le fisc. »

Aloys Onana

Partager

Read Previous

Nomination : Aline Mbono, nouvelle directrice exécutive du GICAM

Read Next

Infrastructure : avec 549 millions de FCFA le PAD bitume un tronçon routier de 450m et l’offre à la ville de Douala

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *