Achille Bassilekin : le Cameroun compte 322 000 PME et multiplie les sources de financements pour ces entreprises

M. Achille Bassilekin, ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat

Le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat a organisé du 12 au 14 juillet 2021 à Yaoundé les Journées nationales de la coopération et du partenariat. Occasion de mieux échanger avec les bailleurs de fonds multilatéraux qui financent la PME locale, afin de les aider à mieux ajuster leur vision sur le Cameroun dont le tissu de production repose à 98 % sur la PME.*

C’était une grande première que ces journées de la coopération et de partenariat pour les PME camerounaises axées sur des questions de financement et de l’accompagnement technique. Mais au fond, quel en était le véritable enjeu ?

Ces premières journées nationales de la coopération et du partenariat s’inscrivent dans une dynamique de mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement. La Stratégie nationale de développement nous prescrit d’explorer, d’élargir et de densifier la portée, et surtout la nature de la contribution des partenaires extérieurs dans le cadre de notre dynamique de développement, ceci avec en toile de fond, nous nous sommes mis en esprit qu’il convenait de réunir en seul lieu (à Yaoundé) l’ensemble de nos partenaires et c’est dans ce contexte que certains intervenaient directement du Palais des Congrès et d’autres à l’étranger, à Genève, Bruxelles par visioconférence. Nous avons donc pu sur ces trois jours de travaux, nous doter d’une boussole qui permettra non seulement de rationaliser les interventions de  nos partenaires techniques et financiers, mais surtout de nous assurer que le secteur dont nous avons la charge, qui est constitué de  PME, il faut le rappeler , c’est 98 % de notre tissu productif national, mais en même temps, c’est 322 000 unités au Cameroun, donc en termes d’emplois, en termes de contribution,  et donc il était nécessaire justement avec la contribution de ces partenaires techniques et financiers, bilatéraux et multilatéraux, de leur fournir cette boussole, pour que leurs interventions soient cohérentes, qu’ils s’enrichissent de nos préoccupations, mais également que dans le cadre de leurs programmations pluriannuelles, que des fenêtres bien spécifiques soient ouvertes pour permettre à nos PME, à nos artisans de mieux se déployer sur le terrain.

Une boussole certainement résumée dans ce document plaidoyer que vous avez présenté à la fin de ces travaux. Quels en sont les principaux axes ?

C’est un document plaidoyer qui est dans le cadre des trois axes dont nous avons la charge, pour ne parler que des PME. D’abord, dans les toutes prochaines semaines, nous allons faire finaliser la stratégie nationale de l’entrepreneuriat, mais également, il s’agit pour nous d’exploiter au mieux tous les guichets de financement offerts par les partenaires financiers. J’aime bien à dire que par exemple, pour ne parler que de la Banque islamique de développement, elle met à noter disposition, des lignes de 55 milliards de FCFA pour accompagner des entreprises dans le cadre des mécanismes de financements islamiques. La Banque européenne d’investissement par exemple, pour l’année 2020, c’était près de 30 milliards de FCFA, des lignes de crédits ouvertes pour les PME et ainsi il y a également d’autres acteurs qui dans ce registre-là vont nous accompagner en matière de financements. Pour l’économie sociale, nous travaillons avec le BIT (Bureau international du travail), nous nous sommes dotés d’un plan national de développement de l’économie sociale qui prévoit que sur les cinq prochaines années, on puisse mobiliser une trentaine de milliards pour que des GIC (Groupes d’initiatives communautaires), des coopératives, tous les acteurs de l’économie sociale en tout lieu du territoire, puissent être accompagnés. Et enfin, pour ce qui est de l’artisanat, je ne prends que le pilier, c’est l’accompagnement pour la sortie du secteur de l’informel. Il s’agit de renforcer les capacités de nos artisans pour qu’ils produisent mieux, pour qu’ils produisent conformément à des standards, des qualités et que finalement, on puisse trouver leurs produits dans les rayonnages des grandes surfaces. Une fois qu’ils sont mieux accompagnés, on peut donc, pour certains, les sortir du secteur informel, parce que c’est l’un de nos principaux chevaux de bataille : garantir le processus de formalisation progressif de notre économie.

D’importantes perspectives, des niches de financement mises à découvert à cette rencontre et même plus tôt, est-ce qu’il y a eu une manifestation palpable, des frémissements sur le terrain du Palais des Congrès, de l’enthousiasme de ces partenaires que vous avez évoqués ?

Je note que non seulement des partenaires étaient très attentifs sur les six ateliers que nous avions dans le cadre de ces travaux, il y a deux qui étaient consacrés essentiellement à la problématique du financement. Ce sont des ateliers durant lesquels les partenaires financiers se sont montrés effectivement très enthousiastes, mais davantage encore on a des propositions pratiques, opérationnelles. Dès septembre prochain, c’est-à-dire à la rentrée, avec la Banque européenne d’investissement, il y a des lignes de crédits avec un certain nombre d’établissements  bancaires qui vont être signées pour permettre que les PME puissent ainsi disposer de facilités avec des taux d’intérêt bonifiés, ce qui est important de souligner.

Généralement on signe des garanties qui ne sont pas toujours faciles…

Ce qui est vrai. Je pense que nous sommes véritablement à l’aube d’une dynamique révolutionnaire en matière entrepreneuriale. Je voudrais saisir cette opportunité pour rassurer nos compatriotes, promoteurs de PME, artisans, acteurs de l’économie sociale, le gouvernement est à pied d’œuvre pour explorer de nouvelles opportunités pour eux, pour cet accompagnement technique, par ce que là aussi parfois on a l’impression que c’est le financement qui pose problème. Mais c’est d’abord, comment est-ce qu’on structure un vrai business plan. Comment est-ce qu’on  change de chaine de la petite entreprise à la moyenne entreprise et que parfois on puisse ainsi jeter des bases de futurs champions nationaux. C’est tous ces enjeux qui concernent notre département ministériel. Nous voulons leur envoyer ce message d’espoir pour que finalement dans le cadre de ce septennat  des grandes opportunités, que nous puissions être en mesure de mieux répondre à leurs préoccupations et à leurs attentes pour ainsi traduire en actes la vision du chef de l’Etat, de faire de notre pays, un pays émergent à l’horizon 2035.

Source : CRTV, 14 juillet 2021

*de la rédaction Économie du Cameroun

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