Sylvestre NZANGAWOU : Je suis directeur général de Radio Audace et reporter

Cela fait quelques mois que ce journaliste a quitté le Groupe de presse Equinoxe pour une toute nouvelle entreprise médiatique. Audace Media Group (A.M.G), qui a déjà lancé Radio Audace. Basée à Douala. Le nouveau challenge s’annonce historique.  

Radio Audace fait son entrée dans l’univers médiatique du Cameroun. Comment est-elle née ?

Radio Audace (106.8 FM), c’est un projet bien pensé et bien conçu, qui se veut solide. Un groupe de media qui renferme une chaine de radio, baptisée Radio Audace qui émet depuis deux mois déjà. Il y a un magazine international dont la première parution devra être disponible d’ici le mois de juillet 2021 et puis il y a une chaine de télévision sur laquelle nous sommes entrain de travailler et qui devra voir le jour très prochainement.

 Le projet Audace est né d’une discussion entre passionnés de média. Parmi ces passionnés figurait ma personne, qui suis, disons, technocrate du domaine et  il y avait d’autres personnes qui ne sont pas de ce secteur d’activité. Nous nous sommes lancés dans ce projet. Si je vous dis que l’idée de baptiser le projet par l’appellation que vous connaissez a pris du temps, cela ne serait pas vrai. Cette idée est venue spontanément. Nous avons voulu être audacieux. Nous avons par exemple voulu qu’il y ait un cadre de travail agréable pour notre personnel. Il ne faut pas oublier que la première ressource, c’est la ressource humaine, c’est elle qui produit entre autres, on peut dire, la richesse, le contenu qui accroche. Si donc cette ressource n’est pas dans un cadre approprié, les productions intellectuelles peuvent ne pas avoir la pertinence souhaitée.

Vous êtes passé de reporter à directeur général d’une entreprise. Une transmutation sans secousses ?

Surtout sans complexe ! Ce sont peut-être de nouvelles fonctions. Mais c’est un challenge. Nous aimons les challenges. C’est pourquoi nous avons accepté celui-ci. Heureusement c’est un challenge qui intervient dans notre domaine d’activité, un domaine dans lequel nous exerçons depuis plus d’une décennie. Dans d’autres entreprises nous avons eu à être confrontés, pas forcément à la gestion des hommes. Mais la vie d’entreprise ne peut pas être totalement dissociée de la vie en société par exemple.

 En société vous collaborez avec des gens de diverses classes, de divers cursus, de divers âges etc. vous collaborez avec tout ce monde et avez des relations diverses avec tous ces gens, vous gagnez une certaine expérience. C’est ce que nous essayons de mettre en pratique en toute humilité en apprenant à gérer les hommes dans un cadre professionnel parce que c’est un peu là qu’intervient la différence. Le cadre professionnel est bien codifié, il faut donc gérer les hommes en prenant en compte toutes les réalités professionnelles.

Je suis le premier qui, en acceptant ce défi, a voulu que tous ceux qui vont travailler chez nous soient à leur aise, comme sur le plan salarial. Nous ne faisons pas ce qui est surdimensionné, mais nous faisons l’effort de respecter ce qu’ils sont –des journalistes- il faut respecter les journalistes, leur donner de vivre décemment de leur métier. Nous donnons le minimum nécessaire et décent pour qu’ils puissent  bénéficier de leur statut de journalistes et décomplexés face à leurs confrères, qu’ils soient sereins au travail. Si on a des journalistes qui ne sont pas bien dans leur tête, cela veut dire qu’on ne sait pas vers où on veut aller.

L’univers des radios par exemple à Douala et au Cameroun est très concurrentiel. Comment comptez-vous vous démarquer ?

Nous nous positionnons déjà. Aujourd’hui nous sommes à l’ère du numérique. Il y a donc présentement une réelle émulation. Il y a de nombreuses personnes qui nous suivent sur nos différentes pages Facebook, YouTube et même des publications individuelles que nous faisons à notre niveau à la direction générale et même au niveau du personnel. La qualité d’écoute est de plus en plus agréable. Il faut travailler tous les jours pour atteindre le niveau que nous souhaitons donner à notre entreprise.

Une équipe en studio.

Il y en a qui sont là depuis avant vous…

Pour nous, il faut être leader. Nous n’avons pas une fixation particulière sur un média précis, il y en a qui ont pignon sur rue, ça on le sait, ce qui sont sur le terrain avant vous le sont, c’est indéniable. Maintenant il y a ce qu’on appelle la vision. Celle que nous avons-nous permet de croire que nous allons atteindre notre objectif qui est celui d’être leader à brève échéance. Nous travaillons à propos. Etant nous-même de ce secteur d’activité, sachant un peu quelles sont les attentes des auditeurs – en matière de FM (fréquence modulaire) nous savons qu’il faut aller chercher la proximité avec nos auditeurs. Dans notre parcours nous n’avons pas étés des nomades, mais nous avons été chez les meilleurs. Nous savons comment les meilleurs pensent, comment ils se déploient. Il ne faut jamais avoir honte de copier le bon exemple. Nous allons copier le bon exemple et nous allons y apporter une touche particulière.  C’est ce que nous faisons par exemple avec le lancement d’une matinale que nous animons depuis le début de la semaine du 7 juin 2021. Nous l’avons baptisée « Le train d’Audace ». Une matinale qui donne plus la parole aux auditeurs.

Pourquoi cette option ?

Nous avons constaté que les radios imposent souvent aux auditeurs des experts qu’ils n’ont pas forcément envie d’écouter, alors que, ces auditeurs ont des choses à dire. La maman qui est au marché, le gars qui fait du taxi moto, ceux qui vendent de l’eau, les ménagères, le cadre d’entreprise à quelque chose à dire. Mais vous vous rendez-compte que lorsqu’on conçoit des programmes dans l’audio-visuel, ces personnes qui constituent l’audimat le plus important, on leur accorde très peu de temps. Ils ont par exemple dix minutes et le reste du temps, c’est des débatteurs qui arrivent et sont redondants. C’est des touches que nous comptons apporter pour la mise sur pied de notre media.

Lorsque vous dites qu’il ne faut pas avoir honte de copier les meilleurs, cela veut-il dire que, Audace aura la coloration de votre passé récent ?

Non ! Quand on dit qu’il ne faut pas avoir honte de copier de bons exemples, il faut souligner qu’un individu n’a pas qu’un seul bon caractère ou un seul mauvais caractère. C’est la somme de tout ça qui fait un individu et qui fait sa particularité. Ceux qui sont considérés comme les meilleurs actuellement ont des choses qui nous intéressent sur lesquelles nous sommes entrain de travailler, mais pas en copiant ce qu’ils font, nous avons notre propre vision, notre propre stratégie pour faire des améliorations profondes à ce qui est fait déjà.

« Nous avons 25 employés. »

Audace Radio à ce jour emploie combien de personnes et comptez-vous recruter ?

Nous avons présentement 25 employés. Nous avons encore des ambitions. Et quand on les a, il faut avoir du personnel, il ne faut pas oublier que nous anticipons sur notre projet relatif à la télévision. Nous ne nous lançons pas dans des recrutements de masse, mais de qualité, avec des objectifs précis qui sont conseillés par le conseil d’administration qui conçoit et qui nous propose un certain nombre de choses.

Sur votre antenne nous avons suivi des voix qui sont familières au public…

Au niveau du recrutement, nous prenons les meilleurs. Il faut donc vous attendre à ce que vous ayez écouté une voix hier dans certains media, et que le lendemain vous écoutiez cette voix sur Radio Audace. Mais aussi, nous voulons donner la possibilité aux jeunes car très souvent au Cameroun lorsqu’il y a un poste à pourvoir, on exige des années d’expérience. Si tout le monde doit travailler avec cinq, six ans d’expérience, cela ne servirait à rien d’envoyer les enfants à l’école car personne ne sort de l’université en l’occurrence avec cinq ans d’expérience dans la vie en entreprise. Donc nous encadrons des jeunes qui sont passionnés. Nous essayons de canaliser l’énergie, les compétences qu’ils ont pour que demain, ils deviennent de grands journalistes.

Aurons-nous un directeur général tout court ou un DG reporter ?

Je suis d’abord journaliste reporter et donc un DG qui est le premier à se lever à 4h du matin pour  venir animer la matinale à 6h du matin. Il faut s’habituer à cela. On a connu sous d’autres cieux un DG présentateur d’un certain type d’émission, dans le cadre de l’actualité sportive. On est d’abord journaliste. Ailleurs je ne traitais pas que l’actualité sportive, lorsqu’il y avait des sujets économiques, nous y allions et faisions l’effort d’être correct. Donc le DG sera le premier à s’arrêter lorsqu’il verra un fait social digne d’intérêt et donner l’information aux auditeurs. Le journalisme de bureau, ça ne nous va pas très bien. Certes il y a l’aspect administratif, mais le journalisme de bureau ne nous convient pas. Nous serons donc sur le terrain. Pour ne pas perdre la main, c’est sur le terrain qu’il faut aller.  

Propos recueillis par Aloys ONANA

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