Publication : 25 % des femmes influentes du Cameroun sont originaires de la Région du Centre selon le Pr Viviane Ondoua Biwolé

La récente publication de l’universitaire Pr Viviane Ondoua Biwolé passe au crible les femmes influentes du Cameroun. Par influence, l’auteure définit ses critères. En l’occurrence, il faut avoir le pied à l’étrier pour certaines (pouvoir légitime conféré par une nomination du Président de la République), avoir impacté dans les secteurs privé, politique, diplomatique et de la société civile pour d’autres. « L’influence ici a donc un caractère factuel et actuel », précise-t-elle.

L’auteure de ‘’100 femmes de l’émergence du Cameroun, troublantes analyses’’  s’appesantit sur le sens à capter par femmes influentes. « Les femmes influentes sont des personnes à des positions de pouvoir dont l’impact est actuel. Il s’agit alors d’un pouvoir limité dans l’espace et dans le temps. Elles posent des actions qui impactent sur les autres ou sur le cours des choses.  Il s’agit alors des femmes influentes que j’ai appris à connaître grâce à leur présence aux postes de pouvoir (ministres, PCA, DG, SG, diplomates), grâce aux études réalisées sur le sujet (le leadership féminin réalisé par le BIT et le GICAM), à la faveur du classement Forbes. »

Le livre a pris du temps pour être produit. Des statistiques s’y trouvent –même si le but premier n’était pas leur mise en exergue. Une méthodologie en trois étapes a été nécessaire à travers la collectes des données dans les magazines, sur internet, des entretiens en présentiels, via mail, par téléphone etc. avec les concernées. « L’échantillon des 100 femmes retenues révèlent des analyses troublantes », souligne le Pr Ondoua Biwolé.

25 %

Cet ouvrage de 248 pages ressort donc 100 biographies expresses, non exhaustives des femmes influentes au Cameroun. « L’on observe une forte représentation de la Région du Centre avec 25%, suivi de l’Ouest avec 21 %, du Littoral 13 % et du Sud-Ouest 12 %. La cinquième place est occupée de manière égalitaire par 02 Régions à savoir : Nord-Ouest et Sud avec chacun 10%. Quant aux dernières places, elles sont consacrées à 02 Régions notamment l’Extrême Nord 2% et l’Adamaoua 1%. L’une des satisfactions de cette analyse est que toutes les régions sont représentées dans l’échantillon des 100 femmes. »

L’auteure ne manque pas de jeter un regard critique sur l’équilibre régional, qui s’avère être déséquilibré au niveau de la fonction publique. Un déséquilibre qui se ne ressort aucune femme de la Région de l’Extrême Nord dans ce cercle encore ouvert en attendant une autre étude qui prendra en compte la Préfectorale, la Défense…

A la fonction publique donc, les femmes de la Région du Centre sont plus représentées (26%), suivies de manière égalitaire par celles du Sud (15 %), du Nord-Ouest (15 %). Les quatrième et cinquième places sont occupées respectivement par le Sud-Ouest (13 %) et l’Ouest (11%).  Quant à l’Est et le Nord, elles sont représentées à hauteur de 04 % chacune. Il n’y a aucune femme de l’Extrême Nord.

Pourtant, rappelle le Pr Viviane Ondoua Biwolé, l’équilibre régional est un outil de gouvernance utilisé dans l’espace administratif camerounais. Au départ, souligne-t-elle, il était une pratique informelle. Il a été par la suite consacré par le décret N° 82/407 du 7 septembre 1982 qui institue les quotas par Région dans les concours, les recrutements à la fonction publique et dans les grandes écoles. L’objectif était d’assurer l’implication de toutes les communautés du pays dans le jeu politico-administratif afin de minorer toute tendance centrifuge. Alors que ce décret ciblait les concours administratifs, se désole l’auteure, il s’est très vite adapté dans la pratique des nominations aux postes de gestion dans l’administration publique. « Ce glissement est facilité par le principe subjectif du pouvoir discrétionnaire et, dans ce cas, il peut être utilisé pour assurer une discrimination positive à l’avantage des femmes. »

Aloys ONANA

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