Pierre NUMKAM : « nous, épargnants de banques en faillite allons emmener une nouvelle idéologie au sein du RDPC »

Auditeur bancaire, cet expert multi casquettes connaît dans sa chair les affres des banques en faillite. Un combat qu’il mène donc depuis plus d’une décennie pour que les épargnants et leurs banques cessent de se regarder en chien de faïence, grâce à l’application du ‘’Cadre amiable’’.

Vous étiez fasse à la presse le 7 mai 2021 à Douala. C’était pourquoi ?

Nous voulons que le politique se décide à mobiliser d’abord les clients épargnants  abandonnés par les banque en faillite et contraindre ces banques à rembourser parce que la plupart ne parviennent pas à le faire, parce qu’elles ont accordé des crédits qui ne sont pas compatibles à leurs besoins.  Je crois à 80 % que c’est la cause première des non remboursements. Et donc il faut une action politique que nous appelons de tous nos vœux parce que ces victimes des crédits bancaires sont un peu partout au Cameroun. Il faut pouvoir les mobiliser. Deuxième chose aussi, il faut que les magistrats qui sont habituellement appelés à statuer sur ces cas soient formés. C’est pour cela que nous avons saisi le Garde des Sceaux d’une requête pour qu’on forme les magistrats du parquet à pouvoir recevoir ces victimes pour comprendre pourquoi elles souffrent et appeler les banques sur le respect du Cadre amiable. Il faut donc une action politique d’envergure s’il faille former des magistrats.

Cela fait quand même 31 ans que le Cadre amiable n’a jamais été examiné par les pouvoirs publics…

Le Cadre amiable n’a justement jamais été mis en place. Le chef de l’Etat Paul Biya, président national du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir, Ndlr) avait dit dans son livre prophétique ‘’Pour le libéralisme communautaire’’ que la politique qu’il décide doit être implémentée par le gouvernement. Et donc le Cadre amiable qui aurait dû permettre de résoudre ces problèmes de banque en faillite et encourager la restitution des avoirs aux épargnants ne l’est pas encore. Ce qui est dommage.

Lors de la conférence de presse à Douala.

Que veut concrètement cette plateforme encouragée par le chef de l’Etat ?

Ce cadre amiable veut que la banque qui obtient des crédits et l’épargnant se retrouvent ensemble pour discuter de la sitaution. Ce qui n’a jamais été fait ni par les membres du gouvernement, ni par les partis politiques. C’est pour cela que, pour ce jour (7 mai 2021), vous me voyez arborer fièrement cette tenue du RDPC. Le but est de créer un courant, ce n’est pas un parti politique, mais un courant dans le RDPC : ‘’Cadre amiable prophétique de Paul Biya’’ (CAPPB/RDPC).  En clair, nous allons, nous les victimes de ces exactions, former notre propre courant politique dans le RDPC pour établir un pont qui nous conduira jusqu’au président de la République, président national du RDPC. Nous irons plaider directement auprès de lui nos problèmes. Nous allons baptiser ce courant politique, qui reste bien entendu partie intégrante du RDPC « Cadre amiable prophétique de Paul Biya ». L’idéologie qui portera notre lutte politique pour atteindre nos objectifs restera celle imprimée par le président national du RDPC dans son livre ’’Pour le libéralisme communautaire’’ à savoir « développer l’humanité de l’homme camerounais. »

Son rôle c’est lequel ?

C’est de mobiliser les épargnants  des banques en faillite, faire ce que le chef de l’Etat avait dit, apporter un appui à la politique du président Biya, monter jusqu’à lui car si on s’organise en ayant des comités de base un peu partout, des sections, des sous-sections du RDPC. On va nécessairement se mobiliser et arriver au but, ça c’est clair. Une charte sera rédigée pour adosser à ce qui est déjà fait dans le RDPC. Je ne porte pas cette tenue sans être membre du RDPC. Vous êtes camerounais comme nous, vous souffrez des effets de banques en faillite comme nous, c’est de cela qu’il est question. Nous misons davantage sur l’action politique qu’il faut mener depuis la base et monter jusqu’au sommet.

Propos recueillis par Albright Fandono

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