Naomie Ngo NSOGA : « Le covid 19 nous a prouvé la nécessité de produire localement, tout  en respectant les règles d’hygiène et les normes nécessaires »

Directrice générale de la Société Compafrique, l’entrepreneure a décidé de livrer sur le marché, entre autres, des produits de beauté faits à base de la bave d’escargot et de l’aloe vera. Dans le détail, cette entreprise fait dans le négoce, la maintenance industrielle et bio cosmétique.

Le Cameroun est un pays qui importe un peu de tout. Pourtant vous avez choisi de produire certains produits de beauté à partir des ressources naturelles du Cameroun. Pourquoi ?  

Je suis Naomie Ngo Nsoga, je suis une jeune dame entreprenante, passionnée.  Je suis née dans le commerce. Mes parents ont toujours été des commerçants et donc c’est un peu inné.  J’ai toujours aimé faire du commerce, m’occuper des autres, j’aime bien être  au servie des autres.  L’idée d’être dans le bio est partie du fait que je m’étais retrouvée toute seule lors du covid 19. Avant le bio je faisais déjà autre chose. Étant enfermée en France lors du Covid 19, je ne pouvais  entrer en contact avec qui que ce soit. Je me suis dis, j’ai une autre passion qui sommeille en moi et donc il faudrait que je la mette au profit des autres. C’est comme ça qu’est partie l’ouverture du magasin Ednaobio. J’ai décidé de sauvegarder ce nom à l’OAPI. Je me suis dis à partir du moment où on a une formation, pourquoi ne pas  vraiment faire en profiter les autres. C’est avec nos huiles végétales qu’on a chez nous, on s’est dit qu’on peut faire quelque chose de grandiose.

Ce qui se matérialise dans vos locaux à travers une ferme d’escargots et des espaces où l’aloe vera est cultivé…

J’ai décidé de maitriser toute ma matière première et c’est comme ça que j’ai mis en place la ferme d’escargots et l’aloe vera puisque ce sont les deux matières phares que j’utilise en permanence. Au-delà, il y a un autre souci que j’ai voulu résoudre: accompagner des personnes qui ont du mal à se trouver une place dans la société. Il y en a parmi nous qui,  pour trouver du travail, s’ils ne sont pas épaulés, c’est un peu difficile. Donc il faut les aider, à condition qu’ils comprennent la vision que j’ai pour faire grandir cette entreprise. La boite compte une dizaine d’employés. Il y a aussi des stagiaires (4 présentement).

Combien de segments économiques occupez-vous ?

Deux secteurs en gros, pour ne pas dire trois : la maintenance industrielle, le nettoyage avec du CO2. En dehors de ce département, je suis aussi dans le négoce international. Tout cela a été développé durant le covid 19. Des gens avaient du mal à faire des achats à l’étranger, d’où Nsoga Internatioal. J’ai des personnes qui sont en France, quand on a des cahiers de charges ici on les traite rapidement, ce qui nous permet d’être compétitifs sur le marché.

Pourquoi être partie de la diaspora pour l’entrepreneuriat au lieu d’être à l’étranger de manière éternelle  où, dit-on, les valeurs entrepreneuriales ont plus de succès ?

A l’étranger il y a de cela dix ans, j’avais d’abord ouvert un magasin exotique et cosmétique. Ce n’est pas évident de travailler, disons d’avoir un magasin  dans ce sens. Après j’ai rencontré un partenaire qui travaille dans le domaine de la maintenance industrielle. Et c’est lui qui m’a demandé si un jour cela me plairait de travailler chez moi ou bien en Afrique. J’ai préféré mon pays. Je m’y suis mise, en sachant que dans l’entrepreneuriat, on tombe, et on se relève. Jusqu’à ce que la réussite naisse et croisse.

De plus en plus de jeunes parlent des bienfaits de l’entrepreneuriat. A penser que la fonction publique a perdu de la valeur…

Chacun a sa vision des choses et ce n’est pas tout le monde qui peut se lancer dans l’entrepreneuriat.  Ce n’est pas facile, il faut des moyens, il faut des accompagnements. Il faut payer la TVA, payer les impôts, déclarer ses employés. Car des subventions sont difficiles au Cameroun. Chaque jeune peut donc se trouver une place quelque part.

Depuis quand êtes vous revenue au Cameroun ?

Cela fait cinq ans que la société Compafrique a ouvert, voilà la deuxième année qu’Ednaobio est au Cameroun. Les ambitions,  c’est d’avoir une industrie, devenir industrielle et aller dans les pays voisins.

Quelle formation avez-vous suivi avant de vous retrouver à créer de la richesse ?

Plusieurs. J’ai d’abord travaillé dans la médecine, et puis, j’ai viré dans le bio. Une formation pour être cosmétologue. J’ai en outre ouvert un centre de formation où j’accompagne des jeunes pour le partage du savoir. Je travaille avec des jeunes chimistes aussi, nous avons un laboratoire.

Quelle est la place du made in Cameroon dans un pays où  l’on consomme plus ce qui vient de l’extérieur ?

Je pense qu’il a une place très importante. En le développant, on retrouve un mode de vie cher à nos parents et grands parents. Ils ne consommaient pas ce qui venait de l’étranger, du moins pas comme cela est désormais vu. Le covid 19 nous a prouvé la nécessité de produire localement, tout  en respectant les règles d’hygiène et les normes nécessaires.

Propos recueillis par Aloys Onana

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