Mireille Fomekong : « Nous ne pouvons pas continuer à acheter des cure-dents qui viennent d’autres pays »

Mme Mireille Fomekong, Président CEF.

La présidente de la Commission entrepreneuriats féminin du Gicam dévoile les spécificités de l’exposition Made in Cameroon tenue à Douala du 4 au 5 mars 2021.

Quel est l’intérêt de cette rencontre, la première du genre au Gicam ?

C’est totalement inédit ce que nous faisons. Je suis présidente de la Commission entreprenariat féminin depuis effectivement deux ans. La spécificité de cette édition, c’est que nous inaugurons un espace complètement offert gratuitement aux femmes qui maitrisent le made in Cameroon. Nous avons souhaité que ça soit un moment de valorisation des compétences de ces femmes qui donnent tant à ce pays. C’est une contribution qui est mésestimée, mal récompensée, mal regardée. On dit souvent que le Gicam est le patronat des grandes entreprises, mais nous démontrons par cette activité (du 4 au 5 mars 2021, Ndlr) que sous le mandat de Célestin Tawamba le Gicam c’est le patronat de tous les entrepreneurs du Cameroun : petite taille, grande taille ou de moyenne taille. Pour ce qui concerne spécifiquement les femmes productrices du made in Cameroon, il nous semblait intéressant de mettre en avant ce travail, qui permettra, je l’espère, de reconstruire un vrai tissu productif pour le Cameroun. Nous avons un tissu industriel, des plus faibles, nous avons un certain nombre d’opportunités, notamment actuellement ce qui se passe au Rwanda avec l’ouverture des frontières, ce grand marché au niveau du Rwanda, nous devons nous y préparer. L’idée, c’est de renforcer nos productrices, qu’elles soient mieux capacitées, qu’en terme de process qualité, qu’elles aillent encore plus loin, en tout cas qu’elles soient prêtes pour la compétition qui va s’annoncer dans quelques jours avec la grande ouverture du marché du Rwanda

Y –t-il des experts qui confirment l’authenticité des produits présentés comme made in Cameroon ?

Vous me permettez-là de rendre hommage aux associations qui nous ont permis d’organiser ceci. Je commencerais par Carine Andela de l’association ASENIA que j’ai contactée il y a deux semaines et demi. Et je peux vous dire que cette femme, c’est vraiment une ambassadrice du made in Cameroon. C’est elle qui nous a mis en contact avec les experts, avec un certain nombre de productrices. Nous rendons hommages à Caroline Kamdem, la présidente d’AWEP Cameroun, qui regroupe tout un tissu de productrices du made in Cameroon, je rends hommage à la président du CWEN, c’est une association de 700 femmes productrices essentiellement du made in Cameroon. Le CWEN a été créé grâce au BIT (Bureau international du Travail) et au Gicam… c’est une exigence d’avenir. Nous ne pouvons pas continuer à acheter des cure-dents qui viennent de la Chine et d’autres pays. Je n’ai rien contre ces pays-là, mais nous devons nous-mêmes développer, construire un tissu local. Nos gouvernements ont l’énorme responsabilité. Ensuite nous-mêmes, tout le corps social camerounais. Je ne demande pas que nous faisions de la préférence nationale, mais nous devons quand même de temps en temps avoir de la préférence pour les produits camerounais.

Propos recueillis par A.O 

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