Mea culpa

Le gouvernement donne les causes des importations  

La main est tendue au secteur privé pour renforcer la production du maïs par exemple.

De nombreux problèmes liés à la consommation des biens et services sont passés au peigne fin le 28 février. Parmi ces problèmes, Dion Ngute et ses collègues du gouvernement ont examiné la consommation du riz, de la viande et du poisson. Tous ces biens ont finalement un dénominateur commun dans l’esprit gouvernemental. Il faut réduire leur importation car, l’économie locale, loin de bien en jouir, en souffre plutôt. L’un des produits de consommation passé au crible, c’est le poisson.  Le gouvernement annonce que les importations restent importantes malgré la légère baisse de 55 % observé entre 2016 et 2017. Pourquoi le Cameroun importe tant du poisson ? « La pénurie des ressources halieutiques du fait de la position géographique du Cameroun  et l’absence des courants fertiliseurs, entrainant ainsi une faible disponibilité de la ressource et partant, une affluence relative des investisseurs dans ce secteur d’activités », apprend-on des services du Premier ministre.

Actions audacieuses attendues du Premier ministre

Pour le ministre des Pêches et des industries animales, l’aquaculture qui aurait pu jouer un rôle certain demeure artisanale en raison de la qualité approximative  des intrants, les difficultés de commercialisation des produits issus de l’aquaculture et du déficit des qualifications des ressources humaines. En clair, ceux des acteurs camerounais qui se lancent dans l’aquaculture n’ont pas à leur base une formation pour leur métier.

Autre produit, autres problèmes, du lait camerounais. Une progression de 7 % est perceptible depuis 1994. La production locale, elle, s’élève à 239 mille tonnes en 2017. Les problèmes qui constituent une barrière, la faible performance générique des vaches, la prévalence des maladies à fort impact sur la production laitière dans certaines zones et l’insuffisante appropriation des innovations technologiques par les producteurs. Un produit que les Camerounais consomment beaucoup, du riz. La raison des importations selon le ministre de l’Agriculture se justifie « en raison du changement des habitudes alimentaires des populations liées à l’urbanisation rapide. » Les données du riz au Cameroun selon le ministre en charge de l’Agriculture indiquent que la production locale en riz marchand est estimée à environ 100 mille tonnes en 2018, et ne couvre que 15 % de la demande nationale. « Les importations de riz ont connu une hausse importante depuis la fin des années 2000 et se situent depuis 2010 à près de 632mille tonnes en moyenne par an ».

Maïs, passer à la culture à grande échelle


Les potentialités du maïs au Cameroun sont aussi importantes. Tout comme la consommation locale prend des proportions. La demande de cette céréale au Cameroun est estimée à 2,8 millions  de tonnes  en 2019 pour une production locale qu’on évalue à 2,2 millions de tonnes. Pourquoi, si les Camerounais consomment beaucoup de bière ils cultivent chichement du maïs ? « Les principales contraintes liées à la production de maïs à grande échelle ont trait à l’enclavement des bassins de production, les difficultés d’accès au foncier, le coût élevé des engrais et pesticides, la faible accessibilité aux semences améliorées et une mécanisation insuffisante », reconnait le patron de l’Agriculture camerounaise.

Pour résorber ces problèmes – le cas du maïs en l’occurrence- le gouvernement tend la main au secteur privé pour la production du maïs à grande échelle, la création de nouvelles variétés de semences, faciliter l’accès aux intrants agricoles, mettre à la disposition des producteurs de maïs des pools d’engins et la création des infrastructures de traitement post récolte. Il faut donc passer des mots aux actes.

Powell Toukam

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