Jean Michel Nintcheu : « Nous avons marché sur les effigies du RDPC pour laver l’honneur des camerounais »

Jean Michel Nintcheu

Une semaine après le début de la campagne électorale en vue des élections municipales et législatives du 9 février 2020, l’insaisissable député Président régional du Social Democratic Front étale ses projets économiques et politiques les cinq années à venir si au soir du jour des élections tout se passe bien.

Vous êtes tête de liste aux législatives et Président régional du SDF. Une semaine après le lancement de la campagne en  vue des élections du 9 février prochain, quel bilan pouvez-vous faire à mi parcours ?

Le bilan que je peu faire est un bilan extrêmement positif. Malgré quelques difficultés que nous avons eues sur le terrain, les difficultés matérielles, vous savez nous n’avons pas les moyens de l’Etat comme notre principal adversaire qui est le RDPC, nous avons énormément rencontré d’engouement sur le terrain, énormément d’enthousiasme et nous sommes extrêmement confiants pour la suite. Il nous reste une semaine de campagne et nous pensons continuer le travail que nous avons commencé à travers la mobilisation, la sensibilisation des électeurs. Le message est entrain de passer surtout celui de demander aux électeurs de se mobiliser pour aller voter parce qu’il s’agit d’une élection locale, il s’agit d’élire les élus locaux qui vont s’occuper au quotidien de leurs préoccupations, de leurs conditions de vie. Donc il faut qu’ils se mobilisent, qu’ils aillent massivement voter le jour des élections et je crois que le message est entrain de passer.

Pour quelles raisons économiques et sociales en l’occurrence un électeur pourrait faire confiance à votre liste ?

En ce qui concerne les législatives, tout le monde connaît le travail que nous avons eu à faire à l’Assemblée nationale. Le travail que nous avons abattu sur le terrain concernant la commune de Douala 3e  car le maire de cette commune est le seul pratiquement qui a présenté un bilan. Il en parle. Nous, à l’Assemblée, vous avez vu nos actions. Nous avons crée un véritable front de lutte. Nous avons fait plusieurs propositions de lois. Je peux d’ailleurs dire que l’évolution que nous observons aujourd’hui au niveau des nouvelles lois qui ont été adoptées, c’est grâce à nos nombreuses pressions au niveau de l’Assemblée nationale. Le Grand dialogue en fait partie, c’est la résultante du travail que nous avons accompli à l’Assemblée.

Nous avons bloqué la session de novembre 2017 parce que nous voulions que le problème anglophone soit inscrit à l’ordre du jour. Et finalement, M. Biya, a contre cœur a convoqué le Grand dialogue avec comme conséquence logique la loi portant sur les collectivités territoriales décentralisées qui accorde un statut spécial au Nord Ouest et Sud-ouest. Nous allons continuer ce travail. Nous souhaitons que les électeurs continuent à nous faire confiance pour que nous continuions ce travail de qualité. Si nous avons une bonne représentativité à l’Assemblée nationale, nous pouvons par exemple proposer une modification de la constitution pour pouvoir y réinscrire la limitation du mandat présidentiel, le scrutin présidentiel à deux tours, la réforme du système électoral qui est un chantier extrêmement important. L’inscription dans la Constitution du fédéralisme comme forme de l’Etat, c’est extrêmement pour nous et nous pensons que si cette  forme de l’Etat avait été adoptée, le problème anglophone n’aurait pas connu l’ampleur qu’il connait aujourd’hui, on ne serait pas en guerre. Voilà autant de chantiers que nous comptons lancer si jamais nous avons une bonne majorité, une bonne représentativité à l’Assemblée nationale.

Apparait donc dans la mémoire collective votre geste sur les tissus/pagnes du RDPC  alors que la campagne électorale en vue du scrutin du 9 février venait tout juste de démarrer. Quel message vouliez-vous passer par là ?

Oui, nous avons marché sur les effigies du RDPC. Nous l’avons fait. Nous sommes prêts à le refaire parce que c’est le symbole de la souffrance des Camerounais, le symbole de la mal gouvernance. C’est le symbole de la décrépitude de ce pays et nous pensons qu’à travers ce geste nous avons posé un acte citoyen pour laver l’honneur des camerounais.

Ce geste pour vous est-il le bien venu si  vous vous définissez comme  démocrate, social ?

Nous sommes dans un contexte de dictature. Vous savez qu’un thuriféraire du parti au pouvoir a  cru devoir faire incendier les effigies d’un parti de l’opposition au septentrion. Cela n’avait pas soulevez autant d’émoi. Je note cette mémoire sélective qui consiste pour les sympathisants du parti au pouvoir de pousser des cris d’orfraie  quand ils sont touchés alors qu’ils ont gardé le silence face à cette imposture. Je pense que c’est un acte fort, apprécié d’ailleurs par mes nombreux militants et sympathisants.

Propos recueillis par

A.O

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