Innovation : Postpoint, l’application camerounaise qui géo localise avec plus d’intelligence

Elle a été mise sur pied par des jeunes, qui ambitionnent ainsi résoudre l’épineux problème d’adressage.

C’est une application dont le but est d’aider tout le monde – et de manière gratuite, sans débourser un franc- à se retrouver. A repérer aisément une rue, une maison, un coin de la forêt etc. Développée par Gilbert Akwo, le directeur général, Postpoint est un système d’adressage digitale qui couvre actuellement toute la superficie du Cameroun et attribue à chaque 5×5 mètres carrés une adresse unique appelée adresses numériques. Selon le directeur général et son équipe, cette application permet de transformer un couple de coordonnées GPS en une adresse postale digitale simple. Ces adresses, se convainquent les promoteurs, sont faciles à retenir et simple à communiquer aussi bien à l’oral lors d’un appel téléphonique (Exemple DL5-0441-2375, appel police ou sapeurs pompiers).

L’application, souligne Alexandre Medi, directeur technique, est téléchargeable sur Play Store et son rôle, plus appesanti. C’est que, dans les villes camerounaises, voire dans tous les pays subsahariens, l’adressage répond à des canons pour le moins risibles. L’on peut dire qu’on habite derrière l’église X, ou encore après le bac à ordures Y, quand ce n’est pas un bar, une église, un stade de football etc. qui servent de guide pour se rendre à un coin. Et donc, insistent les jeunes startuper d’Afrologic – la maison mère de Postpoint- il est temps de rompre avec cette façon de se référencer à l’heure où la pénétration du téléphone portable a pris des proportions importantes au Cameroun. Car, au mois de janvier 2020, le Cameroun comptait 7,8 millions de personnes connectées à l’internet, selon un rapport publié par Hootsuite et We Are Social, deux organismes disposant de plateformes de suivi des flux sur les réseaux sociaux et l’internet. Ces organismes notaient il y a huit mois que le taux de pénétration de l’internet au Cameroun était de 30 % à la période sous revue. Une aubaine donc pour Postpoint.

Une idée qui n’est pas venue par hasard. Au début Gilbert Akwo et ses collaborateurs ont un autre projet. « Nous voulions développer à l’époque un service de « Home Care » (soins  à domicile). Il s’agissait de mettre sur pied une application qui devait mettre en relation des patients demandeurs de soins médicaux ne nécessitant pas forcément une hospitalisation (injection, perfusion, etc.), avec des médecins/infirmiers/sages-femmes qui se proposaient de dispenser ces soins à domicile contre rémunération bien entendu », se souvient-on.

Vite, le problème de localisation du domicile du patient se pose avec acuité. Comment indiquer avec exactitude la localisation à un aide soignant et comment l’aide soignant fait pour retrouver facilement le domicile du patient, sans perdre de vue les soucis de crédit internet ou le niveau de vie des consommateurs qui n’ont pas tous un téléphone androïde ?

L’équipe d’Afrologic détaille donc que Postpoint peut s’utiliser sur tout type de téléphone, et même sans crédit de communication ou d’internet. L’usage de cette application est multiple. Elle peut plus intelligemment aider l’intervention des urgences: pompiers, police, Samu, simplifier la livraison des biens divers, allant du courrier à la livraison de la marchandise (E-commerce) en passant par la simplification des services d’Eneo, Camwater, Camtel etc. qui peuvent ainsi vite repérer leurs abonnés pour diverses raisons. Postpoint pourrait en outre être un véritable escabeau au service des impôts.

Un remake de Google Map ? Pour les initiateurs, la réponse est non. Car leur application  permet de transformer grâce à un algorithme innovant d’intelligence artificielle un couple de coordonnées GPS en une adresse digitale facilement mémorisable. « Postpoint utilise le système de navigation de Google Maps pour détecter en temps réel la position géographique d’un utilisateur et détermine l’adresse digitale correspondante. Avec Postpoint,  les zones rurales, les forêts, les étendues d’eau, bref chaque carré de 25m2 possède une adresse digitale », insiste l’équipe d’Afrologic, qui était face à la presse le 4 août à Douala.

Aloys Onana

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