Inflation : les entreprises membres du Gicam menacent d’arrêter leurs activités

Étranglées par les coûts élevés des matières premières à l’international les entreprises membres du Groupement inter patronal  du Cameroun (Gicam) haussent le ton. Ainsi, fatigués d’expliquer la situation au gouvernement, les plus de 1000 membres et associations de ce patronat ont donc une nouvelle idée après la réunion tenue ce 09 novembre à Douala. « A l’issue de la conservation de ce jour, il ressort que nous faisons face à une impasse de taille. C’est ainsi que la situation des entreprises continue de se dégrader en raison des ruptures d’approvisionnement, ainsi que de l’absence de visibilité sur les ventes. Cette incertitude tient à la difficulté de répercuter les fortes hausses des coûts d’approvisionnement sur les prix de vente des produits, et plus particulièrement les produits dont les prix sont soumis à homologations préalables et que, dans le même temps, les mesures de cost-killing mises en place par les entreprises ont montré leurs limites »,  déplore Célestin Tawamba dans un communiqué rendu public.  

C’est que, le 1er octobre 2021, le Gicam reçoit Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce (Min Commerce). Il lui est présenté la situation des coûts des matières premières à l’international. L’on note une forte augmentation des coûts des matières oléagineuses, ou pétrolières qui en un an, ont connu une hausse de 30 à 200 % entre août 2020 et août 2021. Le fret maritime en douze mois a connu une hausse de 400 %. Dans ce hit-parade, le Gicam relevait que la tonne du blé dur a augmenté de 91 %, le blé tendre 42%. Ça c’est juste un aperçu de l’industrie de la minoterie et pâtes alimentaires.

Côté production de sucre, les engrais affichent une hausse de 30 %, les emballages, 15 %, autres matières premières intervenant dans ce secteur, une hausse de 15%. Au sujet des routes maritimes, les liaisons Europe-Afrique ont connu un surcoût de 250 %, et des liaisons Asie-Afrique, 400 %. Dans le détail ici, le coût de transport d’un conteneur de 20 Pieds se paie désormais à + 243 % de son prix il y a un an, tandis qu’un conteneur de 40 pieds a affiche désormais un surcout de + 320%. « La tension haussière va persister sans nul doute jusqu’en 2022, sous l’effet de la poursuite de la reprise post Covid-19 de l’activité économique dans certaines régions du monde », redoutait déjà le Gicam.

Après cette rencontre, le Min commerce avait promis remonter l’information à Yaoundé. Entretemps, les entreprises n’ont eu de cesse de déplorer les pertes financières. Et donc, « nous continuons de demander la tenue en urgence d’une véritable concertation entre le gouvernement et le secteur privé qui garantit les chances de convenir des mesures adaptées  pour sortir des difficultés actuelles », indique Célestin Tawamba, président du Gicam qui va plus loin.

Une décision forte est envisagée, au cas les négociations avec le gouvernement n’aboutissent à rien. «  Il est patent que dès lors que les entreprises  ne sont plus en mesure de s’ajuster, elles envisageront purement et simplement l’arrêt des activités d’importation et de production au 1er janvier 2022. » Le Gicam sait très bien où cela pourrait conduire le pays. « Dès cet instant, le risque de défaut d’approvisionnement des marchés deviendra réel avec comme corollaire majeur un risque de crise alimentaire et des conséquences sociales inévitables que nul ne souhaite. »

Aloys Onana

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