Industrie musicale : Etienne Bakaba, le prêtre qui rêve de créer un cabaret gospel

Abbé Etienne Bekaba le  »Mannequin de Jésus »

Au moment où ce prêtre de Jésus Christ célèbre le 10e anniversaire de son ordination sacerdotale, de nombreuses idées business sont ancrées dans son esprit, toutes en lien avec son choix de vie : Développer une vraie industrie de la musique religieuse afin que celle-ci sorte des moments mélancoliques, pour occuper une nouvelle place au sein de la société.

Étienne Bakaba est un jeune prêtre du catholicisme romain. Ordonné le 8 décembre 2009 à 25 ans des mains de Christian Cardinal Tumi, ce prêtre au pas véhément reste dans la logique des normes de son Église. Et instaure un nouveau style à la prêtrise. Il est notamment question de rompre avec l’image de personnes « recroquevillées » que pourraient afficher certains prêtres. Cette rupture se dégage à plusieurs niveaux. L’abbé Étienne Bakaba est musicien. Un vrai. Hyper pratiquant. « Il m’arrive très souvent de passer la nuit à la sacristie afin de dire la messe de 6heures. Cela arrive lorsque j’ai passé une nuit de répétitions et pour ne pas arriver en retard à la messe, je le fais. Je suis d’abord prêtre », glisse-t-il.

Dans le détail, ce fils de catéchiste vient de mettre sur le marché son deuxième album. Il est intitulé Mintén Mintén – les joies sont génériques- là dedans se mêlent la vocation, le deuil, la liturgie. L’album, déjà disponible, est en vente auprès des librairies Baba Simon à la cathédrale de Douala et Saint Paul à Yaoundé au prix de 2000 francs FCFA, tout comme il est trouvable au restaurant La Cannelle à Lyon, France.

Passé ce côté du nouvel album, place à un autre aspect de cet ancien vicaire de la paroisse Archange Michel de Nyalla. Un homme qui affiche ses opinions sur certaines questions jugées sensibles. « L’abbé Bakaba est reconnu comme un prêtre toujours joyeux. Il a démystifié la prêtrise.  Appliqué dans son ministère. C’est un prêtre qui garde toujours sa piété, assidu à la prière, engagé dans la chose de Dieu. Un homme simple, ami des jeunes, soucieux des questions d’actualité politique et social de son pays. Parfois il m’est même arrivé d’avoir un peu peur, en voyant l’abbé Étienne avoir le courage de parler de certaines questions de société. Je me suis dis, il risque de se mordre le doigt. En réalité j’ai compris que chacun a un talent que Dieu lui a donné. Et en sachant faire valoir son talent, il n’est pas facile d’échouer. Car en réalité, si vous ne faites pas la politique, la politique finit par vous embrasser », souligne Mathias Stéphane Bell, un aîné dans le sacerdoce, également journaliste.

Qui ajoute. « L’abbé est un prêtre qui a toujours su séduire son auditoire et ses auditeurs par une technique emprunte d’efficacité, de savoir faire, la manière d’être et de faire. Un mélange d’humour, d’ironie. Ne confond pas l’orgueil et la suffisance. Fidèle à la philosophie de Parménide qui veut qu’on se définisse tel qu’on est, savoir reconnaitre la valeur que chacun incarne. »

Face à la presse le 12 février à Douala, ce journaliste – 46e promotion de  l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (ESSTIC)- se projette, à l’heure où l’humanité dans sa majeure partie entame une décennie. « Comment je me projette dans 10 ans ? Dieu seul sait. Mais j’ai l’ambition de créer un cabaret gospel. Où les artistes qui viendront s’y produire ne feront que de la musique religieuse. Ça fait partie de la culture. A ma connaissance, il n’y a pas encore de cabaret gospel au Cameroun (…) La musique est une grosse industrie qui a besoin d’accompagnement », déclare cet homme de Dieu qui se fait appeler ‘’le mannequin de Jésus’’.

Aloys Onana  

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