Hysacam : malgré des impayés de 15 milliards de FCA, la collecte des ordures se poursuit

17 villes du Cameroun sont balayées au quotidien alors que les partenaires étatiques tardent à payer  leur dû.

Hygiène et Salubrité du Cameroun (Hysacam) est enviée par de nombreux pays en Afrique. La preuve, un récent contrat vient d’être paraphé au Bénin. Pourtant au Cameroun, cette entreprise attend beaucoup d’argent que lui doivent les structures publiques ainsi que certaines collectivités territoriales décentralisées (CTD). Le ministère des Finances lui doit 5 milliards de FCFA, tandis que cette entreprise attend une enveloppe de 10 milliards de FCFA des CTD où elle collecte, achemine et traite des ordures ménagères.

Le quatrième employeur après l’Etat, malgré ce gap financier respecte son cahier de charges. Tous les mois, 600 mille litres de carburant sont consommés. Un milliard de francs est payé aux 1000 employés (agents administratifs, mécaniciens, agent de propreté) à la fin de chaque mois, et par jour, il faut collecter 2500 tonnes d’ordures ménagères. « Si on passe un jour sans collecter les ordures, il nous faudra 7sept jours pour nous rattraper », confie Garba Ahmadou, directeur de la communication.

C’est le temps des fêtes de fin d’année. Un moment où la production des déchets à collecter se multiplie. Si en l’absence des fêtes chaque individu produit  au moins 03 grammes de déchets par jour, en période des fêtes, cette estimation est multipliée par trois. Pour 2019, les rotations nocturnes sont dans le viseur, le maillage partout où Hysacam travaille est annoncé. « Ne soyez pas surpris de voir nos camions dans la nuit dans vos quartiers. Les centres de réjouissance ont été ciblés, l’accent a été mis sur le balayage de rue », explique cette entreprise qui compte 108 camions et 12 engins. Pendant donc ces moments de fêtes, l’effort sera fait pour que même dans les tréfonds des quartiers, tout ce qui est dégagé et devant être collecté par Hysacam le soit, a-t-on appris à Douala le 20 décembre.

Les pouvoirs publics doivent 15 milliards à Hysacam. Pourtant à Yaoundé, la présidence de la République ne cache pas son désir de faire entrer un concurrent sur ce segment de l’économie camerounaise. « Nous n’avons pas peur de la concurrence. Mais Hysacam est sous utilisée. On peut faire plus et même quand on fait plus, on ne nous paie pas. La difficulté est financière. Si nous n’avions pas la confiance des banques, il y a longtemps qu’on aurait arrêté. N’importe quel acteur qui veut peut venir. Mais si vous n’avez pas la confiance des banques, vous ne ferez pas longue route. Il faut saluer le président Paul Biya grâce à qui 17 villes du Cameroun sont balayées, c’est une exception dans la sous-région», se félicite le directeur de la communication.

  Pour éviter les arnaques que les agents de cette entreprise ferraient aux usagers pour collecter les déchets, un numéro vert a été mis en place -243 16 30 01 – « Il est whatsapp. Vous pouvez nous saisir par là, au besoin images à l’appui, nous ferons le reste », confie Cyrille Djami Batomen, responsable d’exploitation.

Emile E. Nkoa

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