Gestion publique : priorités et prévisions du budget de 2022 à 2024

Le ministère des Finances souhaite voir la concrétisation de ce tableau qui permettra au Cameroun de se relever résolument après l’effet pervers du covid-19 sur l’économie locale.

Malgré les effets pervers de la pandémie de la Covid-19, le Cameroun, de l’avis de Louis Paul Motaze, a su faire preuve de résilience en 2020, contrairement au vent de récession observé dans plusieurs pays dans le monde, l’activité économique au Cameroun a connu un ralentissement, bien que moins prononcé. Le taux de croissance s’est situé à 0,7% en 2020 contre 3,7% en 2019. Ceci est le résultat  de  la  réactivité  dont  a  fait  preuve  le Gouvernement  conduit  par  le Premier  ministre  sous  l’impulsion  du  président  de  la  République,  en  prenant mesures  visant  à  stopper  la  propagation  de  la  pandémie à  en  atténuer les impacts socioéconomiques et à mettre en place les conditions d’une relance de la machine économique à compter de l’exercice 2021.

Par conséquent dès  cette  année  2021,  la  croissance  devrait  rebondir  à  3,4 %  en  lien  avec  la  demande mondiale des produits camerounais exportés du fait de la réouverture progressive de plusieurs économies et du dynamisme de la demande intérieure.

Analyse et projections

En 2022, la croissance économique du Cameroun, observe le Minfi, devrait s’établir à 4,4% du PIB contre 3,4% en 2021. Cette dernière serait essentiellement tirée, par la dynamique du  secteur  agricole,  la  reprise  des  investissements et  l’amélioration  de  l’offre d’énergie. L’inflation resterait contenue à 2% en 2022, en deçà du seuil de convergence de la CEMAC, après une légère remontée à 2,1% en 2021. Le prix mondial du baril de pétrole devrait quant à lui connaître une légère baisse à 54,8 dollar US en 2022 contre 58,5 dollar US en 2021. Entre 2023 et 2024, l’activité économique resterait dynamique à un rythme moyen de 5%. Le secteur pétrolier connaitrait un regain d’activité avec un taux de croissance moyen de 1,4%. L’inflation serait stable à 2% et on assisterait à une baisse du prix mondial du baril de pétrole à 51 dollar US en moyenne, avec un taux de change du dollar US moyen à 570,1 FCFA.

Dans  ce  contexte,  l’action  publique  pour  la  période 2022-2024, indique Louis Paul Motaze,  sera prioritairement orientée vers la poursuite de la mise en œuvre du Plan global de riposte pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales, la finalisation de la mise en service des grands projets de première génération  la  réalisation  du  Plan  présidentiel  de  reconstruction  et  de développement des régions affectées par les crises  sécuritaires en particulier celles du  Nord-ouest,  du  Sud-Ouest  et  de  l’Extrême-nord,  l’accélération  du processus  de  décentralisation,  la  poursuite  de  la  mise  en  œuvre  de  la Couverture Santé Universelle et de la politique du  livre, le maintien de la veille sécuritaire sur toute l’étendue du territoire national, l’organisation de la CAN, la réduction progressive du stock de la dette intérieure et enfin, la mise en œuvre des réformes structurelles visant à maintenir le Cameroun sur le chantier de l’émergence à l’horizon 2035, notamment par la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND30).

D’autres idées sont prévues. Afin de changer le caractère déficitaire de la balance commerciale. « A  titre  d’exemple  l’accompagnement  de  la  politique de l’import-substitution pourrait  se  faire  à  travers  la  réduction  ou  la  suppression  progressive  des exonérations  sur  certains  produits  qui  grèvent  la  balance  commerciale,  dans l’optique de favoriser leur production locale à plus grande échelle », indique le Minfi.

Pourraient être prises comme actions, le plafonnement des financements bancaires afférents aux importations de certains biens (maïs, soja, riz, etc.),  l’obligation d’incorporer un certain pourcentage des produits locaux dans la  production  de  certains  biens.  Il  pourrait  ainsi  être  demandé  aux boulangers  d’incorporer  un  certain  pourcentage  de  produits  locaux  de substitution (farine de patate, de manioc, de maïs)dans le pain, l’institution des contingentements à l’importation. La protection et la consommation du made in Cameroon s’impose.

Roger Powell Messasa

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