Gestion publique : le Minfi et le ministère des Mines unis contre le blanchiment d’argent

Le Cameroun a conduit sa première évaluation nationale des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme entre décembre 2018 et janvier 2021. Ces travaux qui ont réuni toutes les catégories socioprofessionnelles nationales impliquées dans ce combat pendant plus de vingt mois ont permis de dégager les vulnérabilités et les menaces du dispositif national de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT).

La conclusion de cette évaluation nationale a été couronnée par la validation d’une stratégie nationale de renforcement du dispositif camerounais de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT) à l’horizon 2025, assortie d’un plan d’actions prioritaires. Le ministère en charge des Mines et ses démembrements sont concernés par environ 80% des actions contenues de la stratégie, du fait de leur double casquette d’Autorité d’enquête (Officier de Police Judiciaire à compétence spéciale) et d’Autorité de supervision et de contrôle des acteurs du secteur minier, dont les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme ont été évalués « élevés ».

Cette notation des évaluateurs était la résultante d’une analyse objective des pratiques dans le secteur minier, marquées entre autre par l’exploitation illégale de l’or, le commerce souterrain du diamant, le contrôle des gisements diamantifères par des groupes terroristes des pays voisins qui utilisent le Cameroun comme couloir de passage. A cela s’ajoute le défaut d’une supervision effective des exploitants et marchands de métaux et pierres précieuses, notamment en matière de LBC/FT.

Les travaux de Douala avaient pour but le renforcement des capacités des principaux responsable du MINMIDT en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, ce qui est perçu comme l’une des premières réponses aux défaillances relevées au cours de l’évaluation nationale des risques.

A Douala du 28 au 30 avril 2021, l’on a examiné le cadre juridique de la LBC/FT au Cameroun, exploré le dispositif institutionnel en place. Les organisateurs ont insisté sur les missions des différents acteurs, tout comme ils ont relevé les visages de principales fraudes dans le domaine minier au Cameroun.

Roger Powell Messasa

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