Gestion publique : après la visite du ministre congolais des Mines au Cameroun, la société AVIMA Iron brandit de fortes menaces

Le top management de l’australien Avima Iron Ore Limited étouffe de colère après la visite au Cameroun le 26 mai 2021 de Pierre Oba, le patron public des Mines de la République du Congo. « Des media locaux (congolais, ndlr) ont rapporté que le ministre des Mines et de la Géologie de la République du Congo, Pierre Oba, et sa délégation sont au Cameroun pour négocier avec le gouvernement camerounais le transit du minerai de fer d’Avima Iron Ore Limited (« Avima ») à travers le pays jusqu’au port de Kribi », indique-t-il dans un communiqué daté du 28 mai 2021.

Un acte politique qui est, fustige-t-on, la suite de « l’annulation illégale » et «  l’expropriation d’Avima » du projet par le gouvernement de la République du Congo. La pomme de discorde est donc là.

Les australiens indiquent prendre des mesures fortes pour empêcher le gouvernement  Camerounais de jouir de ce partenariat que la République du Congo lui propose au détriment du secteur privé congolais et son partenaire qui revendique des investissements de 27 milliards de dollars. « Avima s’oppose fermement à ces actions, rappelant qu’elle est la seule propriétaire légitime du gisement du minerai de fer Avima en République du Congo. »

Dans le détail, cette entreprise souligne qu’elle aurait dû  commencer la production et l’exportation de « son  minerai de fer de qualité supérieure en janvier 2021 », un début d’activités empêché du fait, croit-on savoir, de certains hommes politiques congolais. Pourtant, « Avima a lancé ce projet il y a 14 ans et a transformé une zone aux sous-sols obscures en un gisement de minerai de fer de classe mondiale. Il était prévu qu’Avima exploite et transporte 5 mtpa du gisement jusqu’à ce que le nouveau réseau ferré et l’extension du port de Kribi soient finalisés, ce qui aurait alors augmenté ses exportations à plus de 50 mtpa. »

Avima réclame  donc de longues années qu’elle a passé à préparer la production et l’exploitation de ce projet qui a retenu de nombreux investisseurs privés camerounais. Des négociations et démarches qui ont  abouti à la conclusion d’accords avec le port de Kribi, des sociétés de transport de marchandises, et les gouvernements congolais et camerounais.

L’exaspération est donc importante. Le secteur privé se sent abusé et n’entend pas abdiquer, au point de faire perdre d’importantes retombées au port de Kribi. « Il s’agit d’un pas de plus vers la prise de contrôle illégale des actifs détenus par les investisseurs internationaux. Le comportement du Ministre Oba n’a aucun sens. Il n’a manifestement pas réfléchi aux conséquences de ces actions illégales. Il est intéressant de noter que, plus tôt cette année, le ministre Oba et d’autres dirigeants congolais ont promu le développement d’une voie ferrée de 1800 km jusqu’à Pointe Noire, laquelle doit être construite en deux ans avec un investissement de 10 milliards de dollars US », déclare Socrates Vasiliades, représentant d’Avima Iron. « Nous le voyons désormais promouvoir l’exportation par le Cameroun, ce qui est non seulement une tentative pour nous spolier de notre titre minier et du fruit de notre dur labeur, mais également une tentative désespérée de reproduire tout ce que nous avons accompli dans cette région difficile. »

La suite de l’affaire, en filigrane, se prépare en justice et autres plateformes d’arbitrage. Car l’investisseur australien auquel l’Etat congolais a retiré la licence  d’exploitation du fer d’Avima en fin 2020 compte manœuvrer sur plusieurs axes. « Nous avons l’intention de faire valoir nos intérêts et nos droits sur le gisement de minerai de fer Avima, dont l’actuelle propriété est illégitime. Nous avons massivement investi dans le projet et en République du Congo. Nous avons investi des centaines de millions de dollars US sur une longue période, avec les encouragements du gouvernement et de ses dirigeants. Les mesures prises par le gouvernement congolais ne sont pas seulement illégales, mais elles sont également préjudiciables à l’ensemble du pays et à son peuple. »

L’équipe à l’investisseur Socrates Vasiliades est déterminée à apporter autant de nuisances que possible au gouvernement camerounais. « Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour protéger notre investissement contre les tentatives d’expropriation illégales de nos actifs et pour assurer l’avenir du projet ainsi que les milliers d’emplois qui en dépendent. »

Les avocats de Avima affûtent déjà leurs armes pour empêcher au gouvernement congolais de spolier et les investisseurs australiens, leurs partenaires privés congolais ainsi que leurs partenaires privés du Cameroun qui, depuis, attendent de jouer un rôle crucial sur cette affaire au port de Kribi. « Il est difficile d’imaginer un cas d’expropriation plus flagrant. Notre client a investi des centaines de millions de dollars et plus de dix années de travail sur ce projet. La mine était presque prête pour la commercialisation d’un minerai de fer de très grande pureté », indique le cabinet d’avocats Clifford Chance et son équipe spécialisée en arbitrage international. En visite au Cameroun, le ministre Pierre Oba avait déclaré.« Nous avons eu de nouveaux partenaires avec lesquels nous avons l’ambition de relancer le projet. »

Aloys ONANA

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