Gestion publique : après avoir découvert 300 sites de terres rares, le Cameroun créé la SONAMINES

Quelques terres rares.

Les missions de la Société nationale de mines (SONAMINES) créée le 14 décembre 2020 sont nombreuses, à l’aune des retombées économiques de divers ordres que peut générer ce secteur d’activité qui, jusque-là, brillait par un bon carat de négligence. Ainsi, cette entreprise (cf. notre rubrique pdf utiles) placée sous la tutelle technique du ministère des Mines devra développer et promouvoir le secteur minier du Cameroun, à l’exception des hydrocarbures et des substances des carrières.

La SONAMINES compte pour l’heure l’Etat comme unique actionnaire. Mais le capital peut être ouvert à d’autres entités publiques ou privées. Du coup, cette entreprise dont le siège est fixé à Yaoundé – avec possibilité de mutation en fonction des avis des douze membres du conseil d’administration- aura pour autres buts, de gérer les intérêts de l’Etat dans le domaine minier, faire l’inventaire des indices miniers en liaison avec les autres administrations et organismes compétents, conduire les études relatives à l’exploration et à l’exploitation des substances minérales en liaison avec les autres administrations  et organismes compétents, mener les opérations d’achat et de commercialisation des substances minérales. Aussi, placée sous la tutelle financière du ministère des Finances, la SONAMINES est chargée de promouvoir la transformation et le conditionnement des substances minérales.

300 terres rares

En juin 2019, le gouvernement du Cameroun avait rendu publique une étude qui révélait la découverte de plus de 300 sites miniers après des fouilles menées sur 18.000 échantillons de roches entre 2014 et 2019. « Après 5 ans d’études avec l’appui de la Banque Mondiale, on a mis en évidence, plus de 300 nouveaux gisements dans 5 régions. On aura d’autres résultats qui peuvent même augmenter ces chiffres de nouvelles découvertes à plus de 500 », avait déclaré Fuh Calistus Gentry, expert minier et secrétaire d’Etat au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique.

Les terres rares sont présentes pratiquement à travers le territoire national. Mais celles déjà répertoriées par les chercheurs sont disponibles dans les régions du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Centre, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême Nord, sans oublier l’Est, qui était alors jusque-là la seule Région connue pour ses ressources minérales.

La présence des terres rares ne fait plus de doutes, et leur valeur, hyper solide. Le gouvernement compte instaurer une plus grande transparence dans ce secteur, vu par certains experts comme l’âme économique immortelle de tout pays. « L’objectif c’est de faire appel à de très grandes sociétés minières dans le monde pour venir exploiter les données qu’on vient d’avoir de la Banque Mondiale. Cette fois on veut travailler avec les sociétés qui ont une renommée dans les filières concernées et que le Cameroun devienne un chantier minier », avait indiqué Fuh Calistus Gentry.

Selon Wikipédia, les terres rares (ETR) ont commencé à être utilisées à grande échelle au cours des années 50, à la suite de la découverte de méthodes efficaces de séparation des différents éléments.  Les ETR sont utilisées dans une multitude d’applications, notamment dans le raffinage du pétrole, la fabrication de verres, de céramiques, de batteries rechargeables, d’éoliennes, de baladeurs numériques.

Elles sont utilisées également dans la fabrication d’écrans de téléviseurs et d’ordinateurs, d’ampoules lumineuses ultra-efficaces, de systèmes de radar, de convertisseurs catalytiques, de super conducteurs et d’aimants permanents (notamment utilisés dans les moteurs électriques). En général, les usages sont très spécifiques. En raison de leurs propriétés uniques, l’avenir des ETR, indique-t-on, est prometteur, particulièrement dans le domaine de la haute technologie. La Chine, qui produit beaucoup de téléphones portables, compte 85 % des terres rares sur son sol. Le Cameroun, qui, selon les experts, utilise juste 40 % de son potentiel minier, devra donc à travers la SONAMINES, occuper une nouvelle place dans la sphère économique africaine, voire, mondiale.

Aloys Onana

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