Georges Christol Manon : « les entreprises des zones industrielles ont enregistré des exportations évaluées à 55,5 milliards de FCFA »

Le directeur général de la Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (Magzi) lève un pan de voile sur la portée de l’entreprise dont il tient les rênes, ainsi que des avantages pour les investisseurs à s’installer dans les zones industrielles, sans oublier des bonnes performances financières engrangées.

 La Magzi est présente dans huit des dix régions du pays, à l’exception de l’Extrême Nord et du Sud. Quel est l’état des lieux des zones industrielles en termes d’occupation ?

La Magzi dispose actuellement de dix zones industrielles d’une superficie totale de 1292 hectares réparties dans huit régions du Cameroun. Il s’agit notamment des zones industrielles de Ngaoundéré 109 ha, Yaoundé-Sud 316 ha, Douala Bonaberi 192 ha, Douala-Bassa 147ha, Garoua Djamboutou 90 ha, Bafoussam Bamengou 24 ha, Bafoussam Tchitap 3 ha, Bamenda Nkwen 43 ha et Ombé 133ha. On peut estimer g l o b a l e m e n t le taux d’occupation de ces zones à 60% environ. Il faut relever cependant que la plupart de ces zones nécessitent encore une mise à niveau à laquelle nous nous attelons pour continuer à attirer les clients par rapport aux normes requises en la matière. Bien plus, nous nous proposons d’élargir notre assiette foncière afin d’accueillir de nouveaux investisseurs.

Quels sont les avantages qu’une entreprise peut tirer en s’installant dans un espace aménagé par la Magzi ?

Il y a effectivement des avantages à s’’installer en zones industrielles au premier rang desquels, la sécurité foncière et juridique. En effet, toutes nos zones industrielles sont couvertes par un titre de propriété et l’implantation des entreprises se fait sur la base d’un bail. Toujours au rang des avantages, les baux que nous signons sont emphytéotiques, et leur durée varie entre 18 et 25 ans susceptible d’être prorogée jusqu’à 99 ans. En outre, les autres avantages à s’installer dans les zones industrielles se présentent comme suit : – loyers très compétitifs variant entre 300 et 1000F m²/an en fonction du niveau d’aménagement de la zone ; – possibilité de bénéficier des tarifs préférentiels ; – facilitation de l’implantation des entreprises en cas de préfinancement des travaux d’aménagement de leurs parcelles ; – accompagnement des entreprises dans le montage de leurs dossiers techniques et le suivi de leurs travaux de construction.

Quels sont les critères à remplir pour bénéficier ou intégrer l’espace Magzi ?

Pour intégrer une zone industrielle Magzi; il y a quelques conditions préalables à remplir, notamment faire une demande, remplir une fiche modèle comportant des indications sur l’activité envisagée, les emplois attendus, les salaires, le montant des investissements etc.  produire une étude de faisabilité du projet ; fournir les statuts de l’entreprise ou de la société ; s’acquitter des frais de bornage ; produire des plans de construction ainsi que les devis y relatifs…

On voit les habitations pousser dans la zone industrielle à Yaoundé. Comment entendez-vous mettre un terme à cette anarchie ?

En réalité, la plupart des zones industrielles sont confrontées au problème d’occupation illégale par des tiers. Ce problème se pose certes avec plus d’acuité dans la zone industrielle de Yaoundé-Sud. Il convient de relever à cet égard que, les populations qui occupaient irrégulièrement les zones de Bassa et Bonaberi ont été déguerpies en 2014 avec l’appui de l’État. S’agissant en particulier de Yaoundé, la situation est plus complexe du fait de l’implication de l’administration elle-même dans la délivrance de nombreux titres de propriété au profit des tiers sur les terrains disposant déjà un Titre foncier au nom de la Magzi. Malheureusement, toutes les propositions visant à trouver une solution à cette situation n’ont pas prospéré à ce jour, y compris celle relative à la restructuration de ladite zone.

Les zones industrielles de la Magzi sont-elles compétitives comparativement à d’autres sites abritant des industries ?

L’impact positif des activités dans les zones industrielles est perceptible sur la production intérieure du Cameroun, selon une étude réalisée par le Cabinet Consulting. Ainsi, on peut relever qu’en 2017, les entreprises installées dans les zones industrielles de Bonaberi, Bassa et Yaoundé-Sud ont réalisé un chiffre d’affaires de près de 306.5 milliards de FCFA. La production globale de ces entreprises représente en moyenne 9,68 % de la production nationale sur la période 2014-2017 avec une valeur ajoutée de 1064 milliards de francs en 2017, correspondant à une contribution de 0.36 point à la croissance du PIB. Ces entreprises emploient plus de 13 277 personnes en 2017 pour une masse salariale de 16.326 milliards de F. Cette main-d’œuvre représente 4,3 % de la main d’œuvre nationale formelle estimée à 305 357 actifs. Au plan financier, les entreprises installées dans les zones industrielles ont contribué pour près de 503,5 milliards de franc aux recettes internes en 2017 et représentent 10.9 % de l’ensemble des ressources de l’État. Le taux de croissance des impôts et taxes payés par ces entreprises est relativement plus élevé que le taux de croissance du budget de l’État et passe de 6.2 % en 2015 à 19.5 % en 2017. Par rapport à la Balance commerciale, les entreprises des zones industrielles concernées ont enregistré en 2017 des exportations évaluées à 55,5 milliards de FCFA.

Comment entrevoyez-vous l’avenir de la Magzi ?

La place de la Magzi comme aménageur institutionnel des zones d’activités industrielles a été réaffirmée par le décret du 24 avril 2019 qui transforme la Magzi en société à capital public, chargée de l’aménagement des zones industrielles sur toute l’étendue du territoire national. Mais les difficultés structurelles non encore résolues et le caractère inachevé de sa réhabilitation imposent que l’État continue à lui apporter des appuis, afin de lui permettre de retrouver tous ses équilibres et de faire face à la concurrence. À cet égard, notre plus grand souhait est que la question du foncier industriel soit pleinement prise en compte dans les documents de planification stratégique de l’État à travers notamment l’élaboration d’un programme national de développement des zones industrielles. Ce vœu vient d’être exaucé par le Chef de L’État à qui nous disons une fois de plus grandement merci.

Source : Magzi News, Février 2021

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