Gangstérisme économique : après une mission d’audit, le Consupe frappe fort Lazare Atou

Le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) ne veut plus voir la signature de Lazare Atou, patron d’un cabinet éponyme jusque-là en charge de la gestion des actifs résiduels des ex  Office nationale de commercialisation des produits de base (ONCPB), Office nationale des ports du Cameroun (ONPC), Régie nationale des chemins de fer du Cameroun (RNCFC).

Dans un communiqué en date du 4 novembre 2021, Rose Mbah Acha, ministre déléguée à la présidence en charge du Consupe indique que Lazare Atou « est suspendu de signature et de toute prise d’actes dans le cadre de la gestion des actifs résiduels des ex-ONCPB, ONPC et Regifercam jusqu’à nouvel ordre. »  Cette décision est la conséquence d’une série de consultations et de réunions tantôt à la présidence de la République, tantôt au ministère des Domaines et affaires foncières (Mincaf).  Réunions sanctionnées par une note confidentielle « très urgente » en date du 1er septembre 2021.

Dans celle-ci, « en exécution  des très hautes instructions de monsieur  le Président de la République, chef de l’Etat, une mission spéciale de contrôle et de vérification des services du Contrôle  supérieur de l’Etat auditera la gestion par le cabinet Atou, des actifs résiduels des ex-Regifercam et ONPC. » « Les brigades mobiles de vérification commises  à cet effet sont dirigées respectivement par les inspecteurs d’Etat Aboukary Modibbo Amadou et Wambang Nyamalum Alfred. » Un mois après cette mission, selon nos sources, les résultats ont été, pour le moins « catastrophiques ». Les reversements sont « douteux », entre autres. Toutes choses qui ont emmené le Consupe à prendre sa récente décision.

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Si les acteurs principaux au sein de l’establishment politique ont changé à Yaoundé (comme le Secrétaire général de la présidence de la République qui suit de près ce dossier et dispose d’une marge de manœuvre plus grande),  force est de constater que ce n’est pas la première fois que Lazare Atou est secoué avec vigueur.  Juin 2007, Polycarpe Abah Abah, alors ministre des Finances (Minfi), envoie un huissier  à ce patron qu’on décrit dans les couloirs de l’hôtel Sawa comme « hyper dépensier, il s’ennuie lorsqu’il ne dépense pas ». Le but est de signifier à Lazare Atou la fin de son contrat avec l’Etat  du Cameroun. Atou éconduit l’huissier.  Le Minfi porte plainte en aout 2007.

La suite est relatée par Ndzana Seme, un activiste bien connu. « Le juge Mbeula  Louis, juge d’instruction auprès du Tribunal grande instance ordonna la détention  de M. Lazare Atou en 2008. Mais sous la pression de sa hiérarchie, son mandat n’a jamais été  exécuté et l’affaire n’a plus été appelée. » « Atou dicte sa loi et jouit d’une impunité démesurée au Cameroun. Chacun de ses clients et protecteurs occupe ou possède illégalement un immeuble appartenant à ces sociétés. Le patrimoine  de l’Etat placé sous sa liquidation se chiffre à environ 100 milliards de FCFA. »

Dans ce patrimoine, l’on liste de multiples magasins, des terrains et immeubles non bâtis dans la Région du Centre, Littoral, Sud, Est, Ouest et Sud-Ouest. Des biens que Essimi Menye, le Minfi après Abah Abah, ne réussira pas à faire rentrer dans la gestion publique, malgré l’insistance du cabinet Challenger Corporation, commis à cet effet. Mais cette fois, les vents semblent être bien défavorables à Lazare Atou.

Aloys Onana  

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