Gabrielle Andela Kelle : The Okwelians réitère son plaidoyer en faveur de la transformation économique du Cameroun et l’Afrique en proposant des pistes de coopération  gagnant-gagnant 

Mme Gabrielle Andela Kelle .

Bonjour Madame Gabrielle Andela KELLE, vous êtes Co-Directeur LAB’ The Okwelians. Pourriez-vous nous parler de The Okwelians et de votre rôle en tant que Co-Directeur LAB’ ?

Fondé en février 2020 et présidé par Jacques Jonathan NYEMB, The Okwelians est un Think Do Tank réunissant une communauté de près de 350 personnes dont 140 membres actifs et sympathisants, Camerounaises et Camerounais, répartis sur quatre continents et désireux de promouvoir une culture d’innovation sociale au Cameroun. Nous avons la conviction qu’en mettant en commun les expériences et les compétences de chacune et chacun dans un esprit constructif, ambitieux et bienveillant nous pouvons contribuer positivement à transformer le Cameroun, l’Afrique et le monde.

The Okwelians est animé par la conviction que seule une communauté de leaders mus par des valeurs, une vision et une ambition commune sera à même de contribuer décisivement à la transformation du Cameroun, de l’Afrique et du monde. En s’appuyant sur nos valeurs que sont le Courage, l’Intégrité, la Solidarité, la Dignité et l’Humilité, notre souhait est de bâtir une communauté de leaders éthiques et responsables, engagés pour cette transformation sur les questions économiques, sociales et de gouvernance.

En tant que Co-Directeur LAB’, je suis notamment chargée de définir la programmation stratégique des activités de The LAB, piloter la mise en œuvre de la programmation par les équipes de recherche, d’assurer la gestion des équipes et l’élaboration de la stratégie de développement des compétences et de recrutement et enfin de suivre les partenariats institutionnels et les réseaux d’alliance avec les parties prenantes de ”The LAB”, aux niveaux national et international.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce pôle d’activités The LAB’ de The Okwelians, quelle est sa mission ?

Le LAB’ est le laboratoire producteur, éditeur et diffuseur d’idées en actions de The Okwelians ayant pour activités principales la production de notes, d’articles de publications scientifiques et d’études, l’organisation d’ateliers, causeries et conférences,  l’animation d’une plateforme digitale d’échanges et d’information ainsi que,  l’animation de groupes de travail dont la finalité est d’éclairer et/ou assister décideurs politiques, économiques, leaders d’opinion et acteurs de la société civile sur les grands enjeux du Cameroun, notamment de cohésion sociale, transformation économique et bonne gouvernance.

En effet, cohésion sociale, transformation économique et bonne gouvernance sont des enjeux majeurs pour le monde, l’Afrique et surtout le Cameroun de demain. A ce propos, nous savons que plusieurs études ont été publiées par The Okwelians sur ces questions d’actualité. Pourrions-nous revenir sur ces différents travaux brillamment menés par The Okwelians ?

Mme Kelle.

Bien entendu, avec plaisir ! Nous allons commencer par notre étude inaugurale publiée en septembre 2020, notamment, « Perspectives sur la cohésion sociale, la transformation économique et la gouvernance publique au Cameroun ». L’enquête de cette étude s’est déroulée auprès de mille deux cent soixante-quinze camerounaises et camerounais, du 27 juillet au 10 août 2020.

Les constats et analyses formulés à l’occasion des travaux réalisés dans le cadre de cette étude ont permis à The Okwelians de mettre en lumière la nécessité de replacer le dialogue actif et la concertation inclusive au cœur du débat public. Dans cette perspective, quatre recommandations préalables ont été énoncées sur la thématique de la transformation économique : opérationnalisation du conseil économique et social, tenue d’États Généraux de l’entreprise, mise en place d’un cadre de concertation permanent entre l’Etat et le secteur privé, définition d’une stratégie nationale concertée de recherche et d’innovation.

Parlant de transformation économique, quel est le plaidoyer concret de The Okwelians ? Et auprès de qui a-t-il été porté ? Pourriez-vous nous en dire plus ?

Tout à fait. Notre plaidoyer a été porté auprès des principales institutions publiques/étatiques, notamment la Présidence de la République, la Primature, le ministère de la Décentralisation et du développement local, le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, ainsi qu’aux partenaires traditionnels du Cameroun : la France, l’Union Européenne et la Banque mondiale pour en citer quelques-uns. Le but pour The Okwelians étant d’accompagner les autorités publiques dans leur mission quotidienne d’édification et de consolidation d’un Cameroun uni, prospère et fier.

Notre rencontre par exemple avec M. Albert Zeufack a été l’opportunité pour The Okwelians de présenter également, à l’attention du Groupe de la Banque Mondiale, son plaidoyer en faveur de la promotion d’initiatives innovantes pour l’accélération des dynamiques endogènes de transformation structurelle du Cameroun et de l’Afrique. Ce plaidoyer a fait suite à une note préliminaire publiée par The Okwelians dans le cadre du sixième Sommet Union Européenne (UE)-Union Africaine (UA) tenu à Bruxelles les 17 et 18 février 2022, précisément « Perspectives d’optimisation sur les nouveaux axes de coopération économique entre l’Afrique et l’Europe ». Cette note invitait à une refondation de la coopération économique entre l’Afrique et l’Europe, et ce, à travers la co-construction de chaînes de valeurs fortes en vue d’une croissance soutenable et des emplois décents.

MM. Jacques J. Nyemb et Albert Zeufack (archives).

Dans cette perspective, l’une des recommandations capitales formulées par The Okwelians a été le changement de paradigme de coopération intégrant une démarche inclusive qui permettrait de mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’une dynamique de consolidation réciproque. L’objectif visé étant de construire des chaînes de valeur non seulement optimales, mais également plus étendues et plus diversifiées au bénéfice de tous les partenaires avec une priorité sur les chaînes de valeurs endogènes à l’économie africaine, mais ajustables et opérables à et dans l’économie internationale.

Aussi, notre séance de travail avec Mme Marie Audouard le 23 juin dernier, Conseiller diplomatique Afrique-Diasporas du Président de la République Française, a permis à The Okwelians de réitérer son plaidoyer en faveur notamment de la transformation économique pour le Cameroun et l’Afrique en proposant des pistes de coopération « gagnant-gagnant ». En toile de fond, les enjeux de souveraineté économique, et particulièrement de souveraineté alimentaire.

Effectivement, dans les divers travaux menés par The Okwelians, nous avons pu observer les recommandations adressées sur la question de la souveraineté alimentaire, enjeu clé de notre transformation économique. Que pouvons-nous en retenir ?

Comme vous l’avez si bien indiqué, dans nos travaux relatifs à la transformation économique, The Okwelians adresse un levier essentiel de celle-ci, à savoir, la question de la souveraineté alimentaire. Une souveraineté alimentaire à rechercher et à atteindre à travers l’opérationnalisation du concept d’Industradition (industrialisation traditionnelle) ou l’exploitation industrielle des pratiques et savoir-faire africains reçus en héritage intergénérationnel, concept développé par le Pr. Charles Binam Bikoï.

Dans notre note préliminaire « Perspectives d’optimisation sur les nouveaux axes de coopération économique entre l’Afrique et l’Europe », déjà évoquée, nous indiquons que ce concept d’Industradition consiste notamment en la construction des chaines de valeurs de quatre groupes de produits et techniques issus des traditions ancestrales qui font actuellement l’objet d’une exploitation artisanale de plus en plus proto-manufacturière, et parmi lesquels on compte l’agroalimentaire.

Concrètement, cela implique trois actions pour notre pays, dans ses rapports de coopération avec l’extérieur, notamment, réorienter la coopération économique  par la priorité à la co-production entre entreprises camerounaises et étrangères au Cameroun; investir dans les chaînes de valeur de l’Industradition, en l’espèce ici l’agroalimentaire, l’agro-phyto-pharmaceutiques, l’agro-cosmétiques, le textile-cuir confection, etc. qui recèlent les meilleures niches de productivité et de compétitivité potentielles notamment en ciblant des produits pilotes via des études d’inventaires et de cartographie des niches, praticiens et entreprises
indus traditionnels. Le troisième axe concerne la systématisation des cofinancements en monnaie locale et en devises notamment à travers une plateforme de co-investissement pour les infrastructures, impliquant ainsi le secteur financier local dans le financement des projets aux côtés des investisseurs étrangers ; ceci afin d’éviter l’effet d’éviction que créent les financements à moyen et long termes en devise ainsi que la non-optimisation de l’épargne locale.

Nous comprenons donc qu’il s’agit de faire du Made in Cameroon, un savoir-faire à exporter ?

Effectivement. D’ailleurs, nous en avons fait un postulat dans l’une de nos tribunes intitulée « Le Made in Cameroon : outil marketing ou instrument de diplomatie économique ? » rédigée par Jean-Theo Boumtje et publiée en février 2021 positionnait déjà le Made in Cameroon au-delà d’un simple label de promotion de l’entrepreneuriat local ou d’un marquage identitaire   mais plutôt comme une arme économique au service de la diplomatie avec pour impératif non seulement d’inspirer et de refléter un gage de « qualité produit – qualité pays » mais aussi et surtout de protéger l’espace territorial tout en enrichissant le patrimoine national. Au côté d’autres mesures incitatives du Gouvernement, le Made in Cameroon est l’un des enjeux majeurs de la croissance et de l’émergence du pays.

Mme Kelle, un mot pour la fin ?

The Okwelians à travers ses différents plaidoyers a rappelé la nécessité de soutenir l’initiative privée au Cameroun et plus largement d’initier une transformation durable de l’économie camerounaise, propulsant la création de valeur locale en indicateur d’impact prioritaire. Afin de relever ces défis, l’engagement de toutes les  parties prenantes tant locales qu’internationales dans ce changement de paradigme est indispensable pour la prospérité de l’économie camerounaise.

Réalisée par The Okwelians

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