Frédéric Didier MVONDO : « Dans les différents accords signés, le Groupe Globeleq recevra 93 milliards »

Le gouvernement s’engage à rembourser en 2 mois (décembre 2021-janvier 2022) 182 milliards de FCFA de dettes dues à Eneo. Par effet de ruissellement, Globeleq Cameroun recevra 93 milliards de FCFA, ce qui lui permet d’augmenter sa marge de manœuvre dans le domaine électrique au Cameroun.  Entretien exclusif avec le Directeur Général Globeleq Cameroun.

Le gouvernement camerounais a décidé le 17 décembre 2021 d’apurer la dette qu’il vous doit par l’entremise d’Energy of Cameroon (Eneo). Qu’est-ce que cela vous apporte comme bouffée d’oxygène et quelles sont vos priorités ?

Dans les différents accords signés, le Groupe Globeleq recevra 93 milliards, c’est-à-dire  25 milliards de reprise de la dette SNH, et le cash payé directement, on sera à 93 milliards, c’est-à-dire 65 milliards en cash plus 25 milliards. L’opération permet de remmener la dette d’ENEO vis-à-vis de Globeleq, donc réduire cette dette à zéro. C’est l’annulation de la dette accumulée depuis 2015 qui est remmenée à zéro, ce qui fait que nos perspectives sont plus positives. Premièrement. Ce qu’on va faire, nous nous sommes engagés à payer des dividendes à nos actionnaires, à régler toutes les taxes et impôts y afférents à ces fonds. Cela remet Globeleq en perspective de développement au Cameroun, avec des possibilités de l’énergie renouvelable au Nord Cameroun, nous avons parlé de l’extension de nos installations actuelles, donc notamment Dibamba de plus de 200 méga watts. Tous ces projets qui avaient été mis en veilleuse compte tenu de la situation financière du secteur en général et de notre société en particulier pourront à nouveau être réactivés et emmenés de l’avant. C’est un peu rapidement dit pour répondre à votre question, c’est de nouvelles perspectives qui pointent à l’horizon.

D’aucuns aimeraient savoir le rôle que joue Globeleq aux côtés d’Eneo. Concrètement, quel est votre apport à Eneo, que lui apportez-vous au juste ?

Je pense que ce n’est pas typiquement à l’entreprise Eneo. Je pense qu’il faut penser au Cameroun, au secteur de l’électricité de façon générale. Aujourd’hui Eneo n’est que distributeur de l’énergie, Eneo a lancé le processus de finalisation de sa production, donc cette filiale sera comme Globeleq et produira de l’électricité qui sera transportée par Sonatrel. Vous voyez que le secteur a été séparé, et que, Eneo n’est désormais que responsable de la distribution. Donc, qu’est-ce qu’on apporte concrètement au Cameroun aujourd’hui ?  C’est 20 % de la capacité de production nationale, et 30 % de l’énergie consommée au Cameroun. C’est cela qu’on apporte, nous apportons, il faut le souligner, une énergie sûre. Vous entendrez rarement que la centrale de Kribi a un problème, ou encore à Dibamba. Ce sont des centrales qui sont bien entretenues, bien maintenues et qui, opérationnellement ont des facteurs de disponibilité dépassant 90 %. C’est cette assurance, cette forte puissance qui est l’apport réel du Groupe Globeleq au Cameroun. Globeleq est une société donc la maison mère est en Angleterre, ayant pour actionnaire le fonds de développement anglais et le fonds de développement norvégien. C’est donc des fonds à longs termes. Nous sommes là pour le long terme. Nous avons une visibilité, une projection sur le long terme sur le marché camerounais. Tous ces capitaux sont donc à la disposition du Cameroun et tous les projets que le gouvernement veut mettre en œuvre dans la production de l’électricité, il a un partenaire privilégié qui est Globeleq. L’Etat est actionnaire de notre société  à hauteur de 44 %. C’est donc ensemble que nous sommes prêts à relever tous les défis du secteur.

Quel est le nombre d’employés que vous avez au Cameroun ?

Nous avons à peu près 220 employés au Cameroun où nous avons en outre trois sociétés : Kribi Power Developpement Compagny, qui a 180 personnes qui s’occupent de la centrale de Kribi (216 méga watts) vous avez la Dibamba Power Developpement Compagny (86 méga watts) à l’entrée de la ville de Douala, et qui est une banque de production de la cité industrielle qui est notre ville Douala, et vous avez la société Globeleq  Cameroon Management Service, qui est une société qui fournit des services financiers, ressources humaines, commercial, bref, l’administration réelle de nos entreprises, qui compte à peu près 21 personnes. Donc, nous avons entre 200 et 220 personnes au Cameroun.

Propos recueillis par Aloys Onana

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