Financements : depuis 2008, la BVMAC a financé l’économie sous régionale à hauteur de 2500 milliards de FCFA

La Bourse des valeurs mobilière de l’Afrique centrale (BVMAC) n’a pas encore atteint les objectifs de sa création. Mais se félicite Louis Banga Ntolo, le directeur général (DG), son apport à l’économie de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac) n’est pas négligeable. « Depuis 2008, a-t-il dévoilé à Douala le 11 mars 2022, les États, les collectivités territoriales décentralisées, mais également le secteur privé, les entreprises, ont mobilisé via le marché financier 2500 milliards de FCFA. Si nous prenons le cas des États, que font-ils avec les ressources qu’ils immobilisent ? Ils financent des infrastructures publiques.  Pour le cas du Cameroun, ce pays a financé à 45%, voire 60 % des infrastructures de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à travers les fonds qui ont été mobilisés au niveau du marché financier. »

Actuellement  juste  5 sociétés sont inscrites à la cote du compartiment actions, pour une capitalisation de 35 milliards de FCFA contre un objectif de 1200 milliards fixé au lendemain de l’unification des deux bourses sous régionales. L’un des leviers à actionner reste sans doute celui de l’introduction en bourse par les Etats de la Cemac de leurs participations dans le capital de quelques entreprises publiques tel que prévu dans l’acte additionnel du 19 avril 2018. Ce qui est loin d’être une sinécure.

En effet, dans la sous-région Afrique centrale, l’opacité fait partie de la gestion de nombreuses entreprises, qui regardent les impôts avec suspicion. Et donc, « nous sommes là pour pouvoir créer des dynamiques nouvelles, expliquer aux entreprises ce que le marché peut leur apporter. Il leur est demandé d’avoir d’autres alternatives, de ne pas seulement aller à la banque, mais de faire que les citoyens de la Cemac qui sont plus nombreux- nous sommes 55 millions- nous pouvons rapidement prêter en diminuant nos risques si chacun des 55 millions (exclus les bébés) peut être les 30 millions, donnent chacun 10.000 FCFA à une entreprise, vous imaginez la puissance. Testez ce secteur de la bourse, c’est votre domaine de prédilection. Ce qu’on prête ici, c’est l’épargne à très long terme lorsque vous achetez une action d’une entreprise, elle doit vivre 99 ans », plaide Louis Banga Ntolo aux entreprises qui peinent à prendre le chemin de la BVMAC.

L’on est donc sur une opération de séduction vis-à-vis des entreprises, et de nombreux avantages sont mis sur la table pour aplanir les craintes et doutes de patrons d’entreprise. Il est annoncé que les autorités de la Cemac font tout leur possible pour avoir autant d’entreprises que possible.  « Il y a le chapitre sur les incitations fiscales qu’ils ne savent pas. Ceux qui viennent doivent savoir qu’ils ont des abattements sur l’IS (Impôt sur les sociétés) pour une optimisation au niveau de la fiscalité.  Nous insistons aussi sur le fait que c’est une plateforme qui peut permettre à une entreprise de faire une optimisation de sa gestion des ressources humaines. Ça c’est des méthodes modernes qui se passent actuellement en Europe où, si vous êtes une entreprise cotée, vous avez la possibilité de donner des actions gratuites à votre personnel pour pouvoir le fidéliser. La bourse ; c’est la transparence », indique le patron de la BVMAC.

En rappel, la BVMAC voit officiellement le jour en 2003 mais la première cotation n’est lancée que le 13 août 2008. Il s’agit d’un emprunt obligataire de l’État Gabonais. En 2019, elle fusionne avec le Douala Stock Exchange pour former un seul marché boursier dans la zone CEMAC.

Aloys Onana

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