Etat civil : 15 735 personnes de la commune de Douala 3e n’ont pas un acte de naissance

L’exécutif municipal a déjà réussi à faire établir 2000 de ce document sus-évoqué. Le processus d’établissement n’est pas arrêté.

« Au bout de deux mois, plus de 15. 735 citoyens de cet arrondissement demandeurs d’actes de naissance. Chiffre largement au-delà de nos expectatives », indique Job Théophile Kwapnang, maire de la commune d’arrondissement de Douala 3e.  Cette révélation est la conséquence d’un fait. Février 2019. Le ministre de la Décentralisation et développement local (MINDDEVEL) par

le  message-fax N° 000089/MF/MINDDEVEL/SG/DSL  en date du 07 mars 2019 demande aux préfets des départements de prendre les mesures avec les maires et les responsables judiciaires pour procéder à la régularisation de la situation de ces Camerounais qui par négligence pour certains, ignorance pour d’autres et même du fait de la force majeure pour d’autres encore, ne disposent pas d’un acte de naissance alors qu’il est de bon ton qu’ils soient  répertoriés dans les registres d’état civil de leur commune.

 Pour le MINDDEVEL, de milliers d’enfants ont à travers le pays des difficultés à s’inscrire à l’école, aux examens officiels. Par ailleurs, d’autres citoyens même déjà majeurs, ont aussi des difficultés à obtenir une carte nationale d’identité du fait de leur non enregistrement à l’état civil ; et qui pour des raisons d’ignorance encore et de négligence ne veulent pas s’engager dans le processus de jugement supplétif prescrit par la loi.

Ainsi donc, après la prescription du MINDDEVEL, « dès le lundi 1er Avril (2019), nous avons été envahis tant à l’esplanade avant qu’arrière de cet hôtel de ville, par une marée humaine qui n’avait qu’un seul objectif : s’enregistrer pour l’obtention d’un acte de naissance. Et l’engagement de certains étant d’autant plus déterminé que ces derniers savaient qu’une fois enregistrés, ils rentreraient à la maison le soir munis de leur acte de naissance », se souvient l’exécutif de la mairie de Douala 3e.

La rigueur pour une telle opération est mise en exergue. Le Bureau national de l’état civil (Bunec) antenne de Douala retrousse ses manches. Les contributions et suggestions pleuvent pour Douala 3e, la commune la plus vaste de la Capitale économique – 108 quartiers en tout- le succès est au rendez-vous.

Résultat. « 15.735 enregistrés, plus de 5000 dossiers complets enrôlés, entendus ou prêts à être entendus, près de 3500 expéditions retournées par le tribunal, plus de 2000 actes de naissance déjà établis », explique le maire, qui  a remis les actes établis le 27 décembre 2019.  Les réticences sont tombées. L’opération, annonce le maire, se poursuit. « Cela n’a pas été facile de se soumettre aux diverses explications. Pour moi, jugement supplétif signifiait qu’il fallait comparaitre devant un juge, c’était ma peur. Des explications qui nous ont été faites m’ont aidé à aller jusqu’au bout. Cela me plait. J’ai enfin un acte de naissance », se félicite André M. 40 ans.

Aloys Onana

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