Émergence : l’universitaire Touna Mama conseille au Cameroun de promouvoir l’industrie si le pays veut se développer

PML 2021, fin des travaux.

Le Cameroun est depuis deux décennies engagé dans une voie qui doit le conduire au développement, vu comme multiplication d’infrastructures et forme amélioration des conditions de vie de la population. Du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) élaboré en 2003 en passant par le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi  (DSCE) (2009) et la Stratégie nationale de développement national à l’horizon 2030 (SND30) en place depuis le début de cette année 2021,  des idées abondent.

Pour le Pr Touna Mama, universitaire, prolixe auteur, la solution à tout cela réside dans la matérialisation d’un volet de l’économie camerounaise. « L’industrialisation doit être la priorité numéro un pour un pays qui se veut émergent. Et tous les pays africains veulent être émergents. La première définition d’un pays émergent, c’est un nouveau pays industriel à revenu intermédiaire. On ne peut donc pas être un pays émergent sans industrie », tranche le conseiller spécial du premier ministre chef du gouvernement.

Un panel lors du PML,2021.

Présent à Douala du 15 au 16 septembre 2021 lors de la deuxième édition de Pro Meet Up and Learn (PML) (www.plm.cm), l’économiste a martelé. « Le libre-échange continental vient donc à point nommé pour booster l’industrialisation de l’Afrique. Tant qu’on en parle avec enthousiasme, il convient d’avoir à l’esprit que le 11 septembre, nous fêtons le mauvais anniversaire où les choses ont changé. Aujourd’hui, il y a la crise du covid. Il faut intégrer ces contraintes pour parler avec réalisme de l’industrialisation dans la zone de libre-échange continentale. On ne connait pas un pays qui se soit développé dans le monde sans industrie et l’Afrique ne peut pas passer à côté. »

Le Cameroun connait les dégâts du covid 19, à l’instar de tous les pays du monde. Avec plus de 7 millions d’hectares de terres arables, le pays, doté d’une côte maritime de plus de 150Km, dépend de l’extérieur. « En plein covid 19, on s’est rendu compte que malheureusement que tout ce que nous consommons, ce n’est pas ce que nous produisons. Et nous produisons des choses qui ne nous servent à rien. C’est donc l’occasion de mettre sur pied des politiques volontaristes qui permettront aux entreprises de mettre à l’œuvre le fameux made in Cameroon. Cela va permettre de produire des richesses, de la valeur ajoutée, créer des emplois », observe Alain Blaise Batongue, directeur général de Scope Consulting & Services.

La deuxième édition de PML a tablé sur la zone de libre-échange économique africaine. Elle a dégagé des stratégies à développer pour lever les fonds, ficeler un business, et aller à la conquête du marché panafricain. Pour cela, des entreprises doivent se retrousser les manches et changer de paradigme. « Il faut qu’elles aient une véritable vision et puis, que chaque acteur en ce qui le concerne prenne sa part de responsabilité et soit conscient qu’aujourd’hui les défis sont énormes. Il  faut créer des champions nationaux à même d’aller conquérir les parts de marché et relever les défis, les challenges qui nous attendent », souligne Carole Mbessa Elongo, directeur général adjoint chez Business Facilities Corporation.

Aloys Onana

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