E-commerce : les bonnes affaires d’un secteur économique en friche

Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) a tenu la 3e édition du Digital Meet Up. Occasion de passer en revue les faits et autres potentialités de ce pan de l’économie.

Les données chiffrées de l’économie numérique sur le plan mondial donnent à réfléchir, et pourraient interpeller tous ceux qui hésitent encore à mettre ce volet économique au cœur de leurs activités génératrices de revenus. « En 20 19 l’on a enregistré plus de 2 millions d’acheteurs en ligne qui ont généré plus de 3500 milliards de dollars USA, dans le monde entier. Que ça soit sur le plan domestique, international. Et en fin 2020, on aura pu engranger 900 milliards de dollar en achat transfrontaliers. C’est-à-dire, un client est basé dans un pays  comme la Chine – à titre illustratif – est capable d’acheter un produit basé au Cameroun. Entre 2015 et 2020, ces chiffres sont entrain d’être triplés. C’est dire que l’engouement des acheteurs transfrontaliers est grandissant et donc c’est une porte ouverte pour tous les vendeurs du Cameroun », explique Angèle Tchouto’o, férue des questions de l’économie numérique.

Le premier patronat du Cameroun  cerne la portée de cette économie. Ce qui l’a emmené le 12 novembre 2020 à axer la troisième édition de sa rencontre ‘’Digital Meet Up’’ sur « E-commerce au Cameroun : faits, challenges et opportunités », une thématique pour passer au crible ce que pourrait véritablement apporter cette nouvelle économie à tous ceux qui s’y intéresseraient.

Le business, à ce qu’il parait donc, est plus que bénéfique. À plus d’un titre. Le vendeur n’a plus de limites, il propose ses produits au monde entier, il est totalement embarqué dans le « anyway, anywhere, anyhow ». En clair, il peut vendre partout, n’importe où, n’importe comment.  Les experts expliquent que les acheteurs sont plus orientés vers les articles de mode, les produits culturels et électroniques. Le prix d’un produit en ligne est descendu à 60 dollar, il était il y a trois ans à 100 dollars, cela veut dire que les acheteurs se procurent de plus en plus d’objets de consommation du quotidien. Ils n’ont plus besoin de dresser une liste d’achat et ne limitent plus leurs dépenses sur une période, mais effectuent plus d’achats spontanés.

Quid de la réalité locale ? « Au niveau du Cameroun, deux tendances sont observées au niveau des acheteurs. Ceux qui achètent le made in Cameroon sont basés à l’extérieur, et au niveau du Cameroun, les produits qui intéressent plus les acheteurs sont des objets décoratifs issus de l’artisanat local, les produits cosmétiques, les articles de mode. Le panier de ces acheteurs reste aussi de l’ordre de 60 dollars », a-t-on appris lors du Digital Meet Up.

Par ailleurs, pour développer leurs activités économiques, de nombreux utilisateurs locaux se limitent à whatsapp, Face book. Des canaux certes « intéressants », mais « limitent vos produits à votre carnet d’adresse, des gens qui ne peuvent pas acheter tous les jours. Instagram, est l’endroit idéal pour vendre, c’est plus convivial ; cela permet de poster et d’avoir une certaine interaction avec vos clients et les clients peuvent savoir  comment vous livrez.  C’est un détail important pour un client car quelqu’un qui découvre une page, a juste 10 seconde, soit il s’abonne, soit il se déconnecte car, non intéressé car vous n’avez pas précisé que vous livrez de manière expresse car les goûts des consommateurs ont évolué », martèle Angèle Tchouto’o.

 En avril 2020, seulement 441 900 abonnés sur Instagram étaient signalés depuis le Cameroun, ce qui est très bas selon les observateurs.  Pourtant Instagram annonce 1 milliards d’abonnés actifs donc 500 millions qui sont là chaque jour. 80 % disent avoir trouvé des services sur cette plateforme. C’est donc un vivier important. « L’économie numérique est une chance qu’il faut absolument saisir, pour qu’il y ait une véritable dynamique et obtenir de l’Etat tout ce qu’il faut pour soutenir ce secteur-là qui, malheureusement est mal perçu par nos autorités. Il y  a encore beaucoup d’incantation, on parle beaucoup du numérique, mais cette activité se meurt. On a qu’à voir avec les activités économiques développées par certaines entreprises qui ont fermé, je ne vais pas les nommer. Nous devons faire tous ensemble qu’on puisse accompagner ce secteur qui a beaucoup de potentiel. La digitalisation reste un point essentiel du développement », insiste Célestin Tawamba, président du Gicam.

A.O

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