Dieudonné Bougne : un bulldozer de l’entreprise

Dieudonné Bougne, PDG d’entreprises.

Le puissant patron qui a lancé Bocom  Petroleum (Bocom) en 2002 est sur une série d’investissements qui feront de lui un des pivots du made in Cameroon.

A 64 ans, Dieudonné Bougne  n’a pas dit son dernier mot sur son amour à investir au Cameroun. Et lorsqu’il parle de ses ambitions infrastructurelles, il est bien disert, lui qui est plus connu comme un homme réservé. Pourtant derrière cet amour de l’omerta, se voile une série d’investissements qui, de toute évidence, pourraient mettre ce créateur de richesse sur le piédestal des champions nationaux qui font la fierté du Cameroun.

Pour mesurer la puissance de frappe du géniteur du Groupe Bocom, il faut jeter un coup d’œil furtif sur ses dernières réalisations. Pêle-mêle, elles vont de la distribution de produits pétroliers en passant l’hôtellerie, l’industrie minière pour déboucher sur la formation de la jeunesse. « Nous sommes inscrits dans la durée », indique ce fils Bansoa – Ouest Cameroun- qui ne voile pas son attirance pour…le Sud  Cameroun. Curieux ? « La région est vierge, il y a encore un gros potentiel en termes de recherches que les grandes villes n’ont pas», se dédouane cet homme qui ne connaît pas de week-end, parce qu’attaché à la recherche des résultats. Aussi, révèle-t-il, l’idée d’investir au Sud lui avait été soufflée par Jacques Fame Ndongo, fils du coin, influent ministre de l’Enseignement supérieur depuis 2004.

Pour marquer la décennie débutante, Dieudonné Bougne a dans sa besace une multitude de projets. Certains ont déjà pris corps, d’autres sont dans le pipe. Bocom Petroleum va maximiser la distribution des produits pétroliers, pendant qu’un hôtel 4 étoiles de 150 chambres est en cours de construction à  Bonapriso, un quartier de Douala. Pour l’heure, les bureaux de ce complexe hôtelier (Krystina hôtel) occupent 2500m2 sur les 5000m2 abritent le siège du Groupe à la zone portuaire. Tout comme  d’autres entreprises du même patron à l’instar de Harvest Btp, Mmec, G-Stones, tout le Groupe est désormais logé depuis le 14 septembre 2020 à la zone portuaire de Douala.  

Dieudonné Bougne sait comment sont perçus au Sud Cameroun les projets venant de l’Ouest. Une vieille problématique qui a la peau dure, mais qui ne décourage personne. Un palliatif est en vue, au sujet du projet minier qui sera développé sur une zone de 45 km² où 62 millions de tonnes de minerai ont été trouvées et dont la teneur en fer  est comprise entre 35 % et 45 %. Cet homme affaire a décidé d’encadrer cinq enfants par village chaque année, jusqu’à leur embauche dans le groupe ou à l’usine de minerai située à une soixantaine de kilomètres du port de Kribi. «L’idée est de créer des emplois, d’aider ces enfants camerounais pour qui j’ai beaucoup d’amour», relève le business man.

Par ailleurs, «le projet minier aura pour but d’extraire le minerai de fer. On l’exporte, puis on transforme localement ce qui veut dire que d’ici 15 ans à 20 ans, on transformera le minerai de fer localement et on produira les aciers. Ces aciers permettront de faire soit du fer à béton, soit des tôles. Les pénuries de bouteilles de gaz sur le marché sont dues au fait qu’elles ne se fabriquent pas localement. Le coût de production est énorme. Tous les aciers sont importés», explique Eric Ngantchou, directeur Etudes et projets du Groupe.

Aloys Onana

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