Décentralisation

La confusion de Douala

Le jugement du préfet du Wouri, voire de sa hiérarchie est attendu.

Les éléments de la police municipale de la communauté urbaine de Douala et ceux la commune d’arrondissement de Douala 1er sont à couteux tirés. A la base de cette rixe, la dispute de 100 francs. Une somme infime en apparence mais qui, multipliée par X, peut générer des montant très importants. Surtout lorsqu’on y ajoute des frais de fourrière, 25 000 en moyenne par véhicule embarqué, sans compter les frais à débourser par un gros porteur qui reçoit les sabots sur ses roues. C’est pourquoi, le 26 juin, Ntonè Ntonè est le premier à élever le ton, à travers un communiqué. « Il nous a été donné de constater la prolifération de la vente des tickets de parkings payants et le remorquage illicite des véhicules sur les voies publiques par des individus non identifiés, ce qui est de nature à semer le trouble et le doute dans l’esprit des usagers de la route. A cet effet, le délégué  de la communauté urbaine de Douala informe le public que la vente des tickets et l’utilisation illicite de remorqueuse sont strictement interdits jusqu’à nouvel avis », indique le super maire de la capitale économique.

Pour lui, Douala est engagée dans un processus d’aménagement de parkings et aires de stationnement et mène également une réflexion sur les nouveaux modes opératoires de parkings payants. « Par conséquent, tout individu  surpris entrain de vendre des tickets ou de procéder aux activités de remorquage illicite sera aussitôt interpellé et les tickets saisis ou sa remorqueuse  immobilisée et mise en fourrière. »

Vingt quatre après ce communiqué, des échauffourées éclatent entre la police municipale de la communauté urbaine de Douala et celle de la commune d’arrondissement de Douala 1er. Cette municipalité fait sa sortie. « … A toute fins utiles, le maire de la commune d’arrondissement de Douala 1er rappelle aux opérateurs économiques et usagers de son ressort territorial que, conformément à la loi 2004-18-du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes, les parkings aménagés  et matérialisés par sa municipalité continuent d’être perçus par les agents commis  à cet effet, identifiables par des ordres de service et badges de la mairie de Douala 1er. Qui plus est la plateforme de collaboration CUD/CAD de Douala en date du 15 mars 2013, avait réitéré et publié que la taxe de parkings est du ressort des mairies d’arrondissement de Douala 1er, Douala 2e, Douala 3e, Douala 4e , Douala 5e », argumente le maire Lenguè Malapa.

Le bras de fer entre les deux municipalités va se poursuivre. En attendant la réaction du préfet du Wouri, voire, en attendant le verdict du ministère en charge de la Décentralisation. Car « l’insinuation selon laquelle le remorquage illicite des véhicules sur voie publique par des individus s’apparente à n’en pont douter à une incitation et un appel à la révolte contre un service régulier exécuté par une institution communale ayant pleinement la compétence. » « En conséquence, le remorquage d’un véhicule en infraction par une commune d’arrondissement ne pourrait être assimilé en un remorquage illicite », se convainc la mairie de Douala 1er.

Ce différend remet sous les feux des projecteurs l’épineuse question de la décentralisation. « La Constitution de 96 à l’article 55 alinéa 1, les collectivités territoriales décentralisées de la Républiques sont les Régions et les communes. Tout autre type de collectivité territoriale décentralisée est crée. Voilà d’où vient le mal. Je prends l’article 111. ‘’La communauté urbaine fonctionne mutatis mutandis suivant les règles applicables à la commune, telle que prévues par la présente loi d’orientation de la décentralisation’’. Ça veut dire que la commune et la communauté urbaine et la mairie ont les mêmes attributs. C’est pour cela que les deux se sont entendu pour signer, je crois c’était le 15 mars 2013 une plate forme pour la gestion des parkings. C’était pour éviter la redondance qu’il y a dans cette loi. Ce problème existe parce qu’il y a une communauté urbaine. C’est l’article 111 qui ne devrait pas rester dans cette loi de 2004 », observe Didier Yimkoa, acteur politique.

Emile E. Nkoa

Partager

Read Previous

Scanning des marchandises

Read Next

Crise des devises

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Read More

Read More

Read More