Coopération : l’entente reprend corps entre l’armée camerounaise et celle équato-guinéenne

Joseph Beti Assomo ( à gauhe) et Leandro Bakale Nkogo (à droite)

«  Bien que nous soyons frères il n’y avait pas un terrain d’entente entre deux armées, maintenant nous mettons en place un processus qui permettra que l’armée équato-guinéenne soit au service du Cameroun et vice versa. Je pense que cela permettra de mieux gérer toute cette situation », confesse Leandro Bekale Nkogo, ministre de la Défense nationale de Guinée Équatoriale. C’est justement toute la portée de la rencontre entre les hauts responsables des armées du Cameroun et la Guinée Équatoriale réunis à Yaoundé du 29 au 30 juin 2020.

Les équato-guinéens qui ont déjà érigé une clôture pour séparer leur pays du Cameroun souhaitent qu’il n’y ait jamais de mal entendu, tout comme le Cameroun ne songe pas détourner le regard face à ce pays avec lequel il partage 189 km de frontière, et une particularité que les peuples à la frontière entre les deux pays ont le même dialecte, les mêmes noms, les mêmes habitudes anthropologiques. Et donc, il faut tout faire pour que la convivialité règne. «La consolidation c’est l’entente entre deux armées qui ont des combats communs, elles doivent lutter par exemple contre la piraterie, il s’agit là du terrain sur lequel on est tous emmenés. Notre souhait est que les équato-guinéens se sentent chez eux au Cameroun, et que le soldat camerounais se sente chez lui en Guinée Équatoriale », insiste Leandro Bekale Nkogo.

Un conflit armé n’est donc pas évident entre les deux pays, qui ont les mêmes rêves, les mêmes défis : la paix. Le développement, les échanges commerciaux prospères car, la Guinée Équatoriale est « un pays frère, ami ! Je ne peux pas citer les liens que nous avons. Ils sont nombreux ! Ils sont historiques, ils sont culturels, ils sont sociologiques, ils sont géographiques », égrène Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la présidence chargé de la Défense.

En rappel – côté économique entre les deux pays – selon la Banque africaine de développement (BAD), en 2010, le Cameroun a importé de la Guinée Équatoriale, pour une valeur de 123409,81 US$. La part des exportations du Cameroun dans le marché national de la Guinée Équatoriale est de 13,7%. Les produits importés sont essentiellement des produits pétroliers qui représentent environ 88% du total des importations en provenance de la Guinée Équatoriale. En plus des produits pétroliers, le Cameroun importe les produits cosmétiques, alcooliques, les machines appareils etc.

La Guinée Équatoriale est un importateur régulier de denrées agricoles mais ne faisant pas l’objet de comptabilisation à destination des marchés du sud du Cameroun. Certaines denrées relèvent d’un commerce de longue distance, comme celui de cola blanc, des ignames, des œufs etc. La BAD estime en 2018 que le Cameroun tire l’économie de la CEMAC à 42,5 %, le Gabon à 18 %, la Guinée Équatoriale, 12 %. L’entente et la coopération doivent donc primer.

Aloys Onana

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