Commerce : un an après la réglementation des changes de la BEAC, des transferts financiers bloqués

Célestin Tawamba, le président du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) ressort les plaintes des créateurs de richesse qui sont au sein de ce patronat. Presque tous ont, ces derniers jours, des difficultés énormes à effectuer des transferts financiers. Il y a malaise. « Ces derniers temps, les transferts sont bloqués. Certains pointent la BEAC, car elle demanderait des documents aux banques, des documents que l’on a déjà fournis, car on ne peut faire des transferts sans qu’il y ait des justificatifs. D’où vient-il que les transferts soient bloqués ? Ce n’est pas admissible dans un contexte actuel car il y a ralentissement de l’économie, baisse de l’investissement, avenir incertain de l’emploi. Regardons-nous, il y a un problème », s’étrangle le président du Gicam.

Qui  va plus loin, agacé. « On a traversé la crise des devises, bon an mal an, ces derniers temps, il est rappelé des problèmes. Les coûts de transferts sont plus élevés. Nous avons adressé des correspondances à la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) pour relever cette situation qui est inadmissible et ubuesque, de comprendre que dans ce contexte, au moment où on attend des mesures d’accompagnement, au lieu de la réduction des coûts, qu’on assiste plutôt à leur augmentation. On dit que c’est la nature du refinancement. Je suis chef d’entreprise et je ne comprends pas que je fais un transfert, j’ai de l’argent dans mes comptes, des FCFA, on me parle de refinancement. Je ne sais pas. »

La BEAC  a donc été saisie. Elle a gentiment renvoyé le patronat et ses membres auprès de leurs banques leur demandant de « négocier » avec celles-ci. Le 14 avril donc à Douala, le Gicam a invité  l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Cameroun (Appecam) question de passer en revue tous les aspects de la situation.

Le nœud du problème repose ailleurs. Sur les mesures d’il y a un an de la BEAC dans sa nouvelle réglementation des changes. Les nouvelles mesures sont jugées « lourdes », si bien qu’elles impactent négativement sur l’économie au lieu de la fluidifier.

Alphonse Nafack, le président de l’Appecam, entend retrousser ses manches et aller rencontrer la BEAC car les goulots d’étranglement sont nombreux, les plaintes, à n’en plus finir. « C’est une politique qui est liée à la réglementation des changes qui impacte normalement sur les transferts. Aujourd’hui l’effort qui est fait par l’APECCAM, c’est de contribuer à ce que les clients prennent toute la mesure des réformes qui ont été faites et qu’elles les appliquent », indique –t-il.

Le Gicam et l’Apeccam iront rencontrer la BEAC.

La plateforme d’échange de tous les banquiers du Cameroun pointe clairement un doigt accusateur sur les réformes de la BEAC, et ne manque pas de relever la non appropriation de celles-ci par les patrons et autres acteurs économiques qui veulent transférer des fonds. «   Il y a certainement des problèmes au niveau de la mise en œuvre de ces réformes qui, il faut le reconnaitre, sont rigides, elles se mettent en place avec beaucoup de rapidité et donc tous les acteurs n’ont pas pris la mesure et s’adaptent avec un peu de lenteur. Ce qu’il faut faire, nous allons continuer à accompagner nos clients et puis à échanger avec la Banque centrale pour que les mesures d’assouplissement, si elles sont possibles, qu’elles soient prises. C’est l’action que nous allons conduire avec le président du Gicam auprès du gouverneur de la Banque centrale pour lui expliquer. Je pense qu’il sera disposé à nous recevoir pour lui expliquer les contraintes qu’on vit sur le terrain avec ce problème de transfert », déclare Alphonse Nafack.

Aloys Onana

Partager

Read Previous

Gestion publique : le FEICOM lance la quatrième édition du Prix national des meilleures pratiques communales de développement

Read Next

Gestion publique : âgé de 39 ans, Serge Hervé Boyogueno est le tout nouveau DG de la SONAMINES

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *