CEMAC et CEEAC : ces projets qui vont être financés en mode blending

La Communauté  économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) et son organisation régionale sœur Communauté  économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ont, avec leurs partenaires internationaux dont l’Union européenne, adopté le blending pour financer les projets infrastructurels de ce bloc économique.

Pour cerner l’introduction de ce mode de financement dans la sous-région, la Mission d’assistance technique auprès de la CEMAC  relève que les transports et l’énergie sont les secteurs qui consomment de loin le plus de financement sur le continent dans le spectre des infrastructures publiques, respectivement 32 % et 43 %.  Aussi, la plupart de financement privé n’est significative que dans les secteurs de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication, tandis qu’elle est marginale dans les transports et l’eau. En un mot, le secteur privé ne finance pas assez, sinon très faiblement ces pans de l’économie.

Pare ce que le secteur privé à rechigne à financer des projets infrastructurels en zone CEMAC/CCEA, l’on fait recours à d’autres acteurs. Ainsi en 2018, les infrastructures de transport dans ces espaces ont été financées à 20 % par les gouvernements, 6 % par la Chine, 0,5 % par le secteur privé. L’énergie, elle, a reçu 18 % des financements de la Chine, 6 % du secteur privé, 7 % des gouvernements. Des NTIC, quant à elles ont reçu 4 % des financements du secteur privé, 5 % de la Chine.

Blending et projets

Après la rencontre à Douala le 20 et 21 janvier 2022, le président de la commission de la CEMAC  encense le blending. Ce qui permettra de développer de nombreux projets dans les deux espaces en un jumelés. Au sujet des projets énergétiques à développer dans la sous-région, l’on note le projet d’interconnexion des réseaux électriques du Tchad et du Nigeria. Le projet a pour but d’interconnecter le Tchad et le Nigeria à partir de la ville de Maiduguri au Nigeria.

Par ailleurs, l’on souligne l’interconnexion des systèmes électriques du Gabon et Congo (INTGACO (346 km), l’aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes associées Cameroun – Congo – Gabon – Centrafrique. L’aménagement du barrage (l’aménagement hydroélectrique) de Tsengué-Lélédi. Sont concernés ici, le Cameroun, le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale. Les couts estimés varient entre 290 717 844 euros et 60 801 820 euros.

Dans cette même lancée, apparaît le projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad (PIRECT). Celui-ci s’inscrit dans le cadre global d’interconnexion des réseaux électriques des pays membres de la CEEAC. Le projet consistera en la construction d’une ligne principale HT 225 kV et ouvrages associés entre le Tchad et le Cameroun. Il faut 399 millions d’euros dont part Cameroun (73,9%) et part Tchad (26,1%). L’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun, Gabon et de la Guinée   Equatoriale est en vue. Ici, il faut 900 000 € pour les études.

TIC

L’on envisage une liaison inter frontalière (Eboro (Gabon) – Ambam (Cameroun). La distance est de 56 Km. Un projet identique sur 58 Km de fibre optique entre Moussogo ( Congo) – Ndendé ( Gabon). Le projet CAB : fibre optique – Phase II : extension du réseau national par la réalisation de la Phase II du projet CAB à partir du CAB existant + extension TCHAD, RDC (à définir par les études). Il faut 60 millions d’euros ici.  L’on ne saurait oublier le projet de 422 Km d’infrastructure de communication de haut débit, des câbles à fibre, dans la région Est de la RDC – Eastern DRC Backbone (EDB). Ou encore, la liaison inter frontalière : Kinshasa-Bandundu/Zongo (RDC) – Bangui (Centrafrique) où l’on étalera 2200 km de fibre optique.

Transport terrestre

Ici, le blending  permettra la construction du projet d’amélioration des performances du corridor rail/route Douala-N’Djamena (PCDN). Le Projet concerne la route « N’Djaména-Guelendeng-Bongor-Eré-Kélo-Moundou-Koutéré-Frontière du Cameroun », long de 592 km. Les estimations financières ici, la tranche ferme est de 246 400 000 €, la tranche Optionnelle, 88 000 000 €.

Dans le pipe, la réhabilitation de la route Magada – Yagoua (N12) – 137 km (Nord-Cameroun/ Tchad) où 91 milliards devront être déboursés.  L’on signale la construction de la voie de contournement de la ville de Yaoundé 44,15 km. Coût, 495 milliards de FCFA. Le Projet de Bitumage des tronçons de l’axe routier Zongo -Libenge -Gemena – Akula (399 km). « Ces routes font partie intégrante des axes routiers du Corridor Ouest qui relie le Nord – Ouest aux ports maritimes de Douala/Cameroun et Lagos/Nigéria, via la ville de Bangui/RCA, et se connecte au Corridor Nord à partir du port régional de Kisangani sur le fleuve Congo. Elles permettent d’assurer la continuité du trafic sur la RN6 et 23 entre Akula – Gemena, Zongo et Bangui (RCA) », apprend-on.

De l’avis des experts, tous les projets concernant les études, renforcement de capacité et appui à la gouvernance, n’ayant pas été retenus pour le blending pourront être inscrits sur un autre guichet tel que celui de la Facilité de Coopération technique ou autre. L’on devra mettre en place un système de suivi-évaluation des projets régionaux et prendre en compte dans le cadre de ce programme le volet navigation lacustre.

A.O

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