Business : chez les Biya, l’entrepreneuriat coule dans les veines

Brenda Biya, future patrone de Bree culture

Brenda Biya a annoncé le 20 avril 2020 la création de son entreprise. Dans cette famille, l’amour du business est une vieille habitude.

Vente de perruques et de salons artisanaux, c’est le business que va lancer Brenda Biya, l’unique fille de Paul Biya. Elle tend les bras à l’entrepreneuriat. Sur son compte face book, la jeune femme née en 1994 a annoncé la création sous peu de Bree Inc, « Bree culture inc shopping et vente au détail perruques et salons artisanaux (bientôt). » A « bientôt » donc, le temps que le public découvre le lieu de localisation, le nombre d’emplois, la forme juridique, la provenance de la marchandise, le coût de l’investissement etc. Pour autant, la future chef d’entreprise a annoncé qu’une partie des bénéfices engrangés sera reversée aux œuvres de charité.

Mais chez les Biya, se mettre à son compte ou investir largement dans une entreprise est une passion. Si l’une des phrases les plus connues de Paul Biya c’est « la terre ne trompe pas », c’est parce que le chef de l’Etat lui-même est un bon cultivateur. Du moins quand l’énergie le lui permettait encore.  Des camps d’ananas à l’élevage, le chef de l’Etat ne badine avec ces niches de richesses, malgré ses revenus qu’on peut imager très importants. Petite curiosité tout de même, sur les bouteilles cassables de jus d’ananas  dans un restaurant hyper sélectif de Mvomeka’à,  l’on lit « made in Douala ».  

Le dernier très important investissement de Paul Biya a également trait à la terre. Il s’agit de Sud Cameroun Hévéa. Il n’est pas tout de même seul dans cette  bonne affaire décriée par Green Peace. Plus de 10.000 hectares de forêt déchés juste à 7 km de la résidence villageoise du chef de l’Etat. Mais depuis bientôt deux ans, les 52 bulldozers tous neufs qui étaient en activité ici ont cessé de fonctionner, et les pelles excavatrices, rangées,  après les récriminations diverses. Des licenciements ont lieu, question de se séparer des employés qui n’étaient plus nécessaires. Depuis quand même deux ans, l’on a commencé à traire la sève d’hévéa et  l’usine qui va partiellement la traiter est déjà bien avancée. La sécurité ici est une affaire d’anciens hauts gradés de la police camerounaise.

Pierre Meba’a

Un autre qui est à son compte personnel, Pierre Meba’a. Plus connu sous l’appellation ‘’Papa Pierre’’. A Mvomeka’à, c’est la bouche, les yeux et les oreilles de Paul Biya. C’est le seul autorisé à venir faire le compte rendu de la vie du village au président de la République lorsqu’il y est en repos. Silencieux, hyper discret et lent à la parole, regard fuyant, le petit frère du chef de l’Etat n’aime pas beaucoup les feux des projeteurs. Gardé par une escouade réduite de la Garde Présidentielle, Papa Pierre est constamment aux champs. C’est un homme aux doigts verts, diraient ceux qui sont férus des questions agricoles. Papa Pierre est propriétaire de nombreux étangs de poisson, une pratique courante dans la localité. Il a de nombreuses palmeraies entre autres. Il est géniteur de nombreux enfants, le plus connu, Dieudonné Evou Mekou, vice gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale. Leurs résidences sont voisines, séparées par une haie de fleurs. Papa Pierre peut passer de longs mois sans prendre des nouvelles de son fils, même quand celui-ci vient au village, car pris par ses travaux champêtres. Les fruits de ses champs sont écoulés dans les marchés de Sangmélima,  Yaoundé et Douala.

Franck Biya

Le neuve de Papa Pierre, Franck Emmanuel Biya a aussi eu de très longs rapports avec le business. Sa seule entreprise connue, Ingénierie forestière, qui se distinguait par des camions grumiers de couleur blanche et que dirigeait son ami Christian Mataga, a mis la clé sous la porte en 2004. Depuis lors, Franck n’a plus de nom dans le business, en dehors de la rocambolesque affaire d’obligations du Trésor à coupons zéro. C’était en 2015. Il était alors révélé que le fils du président de la République par le biais de son entreprise Afrione, a obtenu auprès du ministère des Finances 9 400 bons du Trésor pour une valeur nominale de 1 million de F CFA, soit 9,4 milliards placés à un taux d’intérêt annuel de 3 % pour une date à maturité fixée à dix ans.  Cet homme de 50 ans, a encaissé avant terme 17,4 milliards de F CFA, soit un différentiel de 13,9 milliards de F CFA par rapport à l’argent qu’il a investi, à savoir 3,5 milliards de F CFA. Un de ses demi-frère  demi frère, lui, s’essaye  dans le transit et dans les marchés publics, quand leur député de père, Bonaventure Assam Mvondo (Bonivan) a eu en 2019 la permission du ministère des Mines, d’exploiter une surface de 309 Km² dans l’arrondissement de Ngoura, Est Cameroun.

Economie du Cameroun.com

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