BICEC

L’agence de Ndokoti fermée

L’octroi d’un crédit de 12 milliards de FCFA à une entreprise fictive est évoqué. D’autres raisons aussi.

Lundi 14 mai. Il est un peu plus de 7h. La circulation routière est intense. La cour de l’agence de La Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec)  est deserte. Un vigile s’avance vers la route, téléphone à l’oreille, fait un geste de la main demandant à toute personne qui s’approche du bâtiment de la banque de faire demi-tour. Plus loin, à côté de la porte principale, trois gendarmes, assis, tiennent leur arme, canon pointé au sol.

Trois autres usagers arrivent aussi. Il leur faut sans doute une explication. « La banque a fermé. Il faut lire la note sur le mur », conseille un vigile, voisin des gendarmes. « Vous pouvez vous rendre ailleurs dans les mêmes agences, vous serez servis », ajoute l’agent de sécurité. Sur un poteau, une note, sur un papier format. Aucune date n’y est mentionnée, aucune signature en contrebas. Juste un message, « avis à la clientèle ». « Pour des raisons indépendantes de notre volonté, l’agence est temporairement fermée, vous pouvez vous rendre dans toutes les autres agences BICEC pour effectuer vos opérations. Vous serez informés de la réouverture le moment venu. Nous comptons sur votre bonne compréhension. »

La cellule de communication reste aphone. Tout le contraire de certaines sources au fait de cette situation. Il ressort donc que c’est depuis le 13 mai 2019 que cette agence à temporairement fermé. A l’indexe, des malversations financières. La plus emblématique, un crédit de 12 milliards de FCFA accordé à une entreprise…fictive. Il est en outre expliqué la mise en place d’un réseau de vols dans les distributeurs automatiques de billets de la maison. Des centaines de millions de FCFA vaporisés par une stratégie dont on imagine l’épicentre au cœur et à l’extérieur de  cette agence.

 L’on soupçonne un fort appui venant de l’étranger. Toute BICEC est à l’alerte, car, indique-t-on, des distributeurs automatiques de billets de Douala et de Yaoundé ont été, victimes de pratiques qui inquiètent le top management. En rappel, cette situation arrive au moment où l’on attribue une fuite du pays au président du conseil d’administration de la BICEC, Jean Baptiste Bokam. Une information démentie. Tout de même, force est de souligner que cette entreprise ne s’est pas encore entièrement relevée de la rocambolesque  affaire de détournement de 50 milliards de FCFA, qui a conduit derrière les barreaux certains ex ténors de la maison BICEC, pendant que d’autres ont vite regagné leur pays d’origine.

Aloys Onana

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