Avantages fiscaux : Le Cameroun perd en moyenne 600 milliards de FCFA par an

Le ministre des Finances pense que la pression fiscale que déplorent les créateurs de richesses n’a pas lieu d’être.

Les niches fiscales, appelées également dérogations fiscales ou dépenses fiscales, désignent les avantages fiscaux dont peuvent bénéficier les contribuables pour diminuer le montant de leur impôt, dès lors qu’ils remplissent certaines conditions. Ainsi, pour 2017, le Cameroun, de l’explication de Louis Paul Motaze, ministre des Finances (Minfi), le pouvoir accorde de nombreux avantages fiscaux aux créateurs de richesses, si bien qu’en 2017, et ce, jusqu’à ce jour, les pertes financières annuelles représente 600 milliards de FCFA.

« A titre d’illustration, les dépenses fiscales pour l’exercice 2017 ont représenté 605,6 milliards de FCFA en fiscalité intérieure.  Par secteur d’activité, les dépenses fiscales coûtent à l’Etat, pour le secteur de l’agriculture, 55 milliards, pour les produits alimentaires 211 milliards dont 71 milliards pour le riz, 43 milliards pour le poisson et 19 milliards pour la farine. Pour les produits pétroliers, 212 milliards », explique le Minfi. Pour lui, il est grand temps que les différents mouvements patronaux du Cameroun et les services compétents du Minfi se penchent sur ces avantages fiscaux, car certains produits subventionnés atteignent le but recherché – la satisfaction des gagne-petit- mais aussi, malheureusement, certains produits épaulés se retrouvent hors du Cameroun. « Nous subventionnons les intrants, les produits, les services et prestations qui ne profitent pas à l’économie camerounaise », s’agace Louis Paul Motaze.

Pour l’exercice fiscal de 2020 qui pointe à l’horizon, il faudrait apprendre à regarder la situation fiscale sous un autre prisme. « Ma conviction, ma conviction profonde est que, le paradoxe fiscal camerounais, caractérisé par une pression fiscale jugée forte par les entreprises, et à contrario faible par les économistes et les financiers  (en dessous de 20 % du PIB soit 14 %) découle essentiellement de la problématique des dépenses fiscales », argumente le Minfi.

En filigrane, apparaît l’élargissement de l’assiette fiscale pour 2020. Une idée qui hérisse de nombreux patrons. Le Minfi se défend. « L’élargissement de l’assiette fiscale concomitant à la baisse de la pression fiscale sur les entreprises ne peut se faire sans adresser la question des dépenses fiscales. »

A.O

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