Grand dialogue national : Les grands patrons sautent sur la perche tendue par Paul Biya

Ils ont remis au Premier ministre chef du gouvernement ce qui, pour eux, pourrait permettre au pays de retrouver la quiétude et à la partie anglophone de regagner son dynamisme économique.

Les grands producteurs de richesses au Cameroun ne veulent louper le coche de l’histoire. Eux qui sont les premiers à donner, avec le maximum d’éléments possible, les dégâts de la crise anglophone dont le début remonte en octobre 2016. Récemment donc, Célestin Tawamba, Président du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), Protais Ayangma, Président d’Entreprises du Cameroun ( Ecam), Alphonse Nafack, président de l’Association Professionnelle des Etablissements de Crédit du Cameroun (Apeccam), Daniel Claude Abate, président du Mouvement des entreprises du Cameroun (Mecam).

Une rencontre d’une heure de temps d’horloge. Et au sortir, non pas le contenu entier des attentes des patrons locaux, mais une ébauche explicite. « En dehors de rappeler à Monsieur le Premier Ministre les dégâts causés par cette crise, nous lui avons humblement dit que pour avoir des chances de réussite de ce dialogue, il faut que nous soyons habités d’humilité, qu’on taise nos egos dans l’intérêt de la recherche de la paix. En acceptant les différences, déclare Célestin Tawamba.

Les patrons du Cameroun ont donc donné leurs propositions. Toutefois, l’on ne perd pas de vue le rapport détaillé et richement fourni élaboré en juillet 2018 par le premier patronat du pays. 86 % des chefs d’entreprises y montraient que la crise dans ces régions a des répercussions négatives sur leurs activités. La filière banane de la CDC n’a eu de cesse d’enregistrer des pertes. La production cacaoyère commercialisée Sud-Ouest a déjà connu une  baisse de 22% ; représentant une perte en rentrée de devises de l’ordre de 55 milliards F CFA et un manque à gagner de l’ordre de 35 milliards de FCFA de revenus pour les planteurs.

Les  transport sont touchés de plein fouet car  des  incendies de bus de transport, la logistique des entreprises –semi-remorque, tracteurs, conteneurs etc.- ne sont pas épargnés, l’exploitation forestière est à l’abandon, causant  une perte sèche de plus de 200 emplois et favorisant un manque à gagner de plus de 5,5 milliards F CFA par an depuis 2017. Les entreprises agro industrielles à capitaux publics (CDC et PAMOL) sont quasiment à l’agonie, de nombreux employés de ces entreprises ont des doigts sectionnés par les séparatistes.

Les télécoms ne sont pas épargnées. De nombreux pilonnes ont été sectionnés, la Syllicon Moutain – la pépinière camerounaise des startups – est en peine. Des impacts que le Gicam va dans les prochains jours donner une version actualisée. 

En attendant, le Gicam et les autres regroupements patronaux pensent que, pour un redémarrage de l’économie dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, cela pourrait se faire d’une part à travers le soutien aux unités opérationnelles dans ces régions, les facilités de financement pour réparer les préjudices subis et remettre en fonctionnement les équipements , l’accès prioritaire lors des opérations de remboursement de crédits de TVA et de dettes intérieures ; périodes moratoires spécifiques pour certaines obligations fiscales ; meilleure considération de la part des autorités locales.

Aussi suggéré, le relèvement économique post crise des deux Régions. Car, pour compléter la démarche impulsée par la reconnaissance du statut de zone économique sinistrée, une stratégie globale pour le relèvement économique des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pourrait inclure, entre autres, l’apurement du passif fiscal créé par la crise ; la remise à niveau les infrastructures et équipements détruits, y compris par des subventions aux entités privées touchées ; le subventionnement des mastodontes agro industrielles installées dans ces zones et particulièrement sinistrées (CDC, PAMOL etc.) l’octroi des appuis spécifiques aux producteurs agricoles pour reconstituer le matériel végétal et relancer les productions vivrières…

A.O

Partager

Read Previous

UBA accélère sa révolution numérique

Read Next

Flatteries : Bolloré tente de corrompre moralement Paul Biya

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Read More

Read More

Read More