Gestion publique : fusion du Minepat au Minfi, transparence dans la gestion des fonds pétroliers, le Livre Blanc du Gicam donne des pistes pour une émergence réussie

Siège du Gicam, à Douala, le 10 novembre 2020.

Le document a été présenté aux membres du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) le 10 novembre. Ses propositions n’épargnent aucun secteur économique pour un développement réussi.

Le volumineux Livre Blanc du Gicam sur l’économie camerounaise (plus de 500 pages) se veut un vade-mecum à consulter pour donner  plus de tonus à l’économie du pays. Elle qui est perçue comme atone, comparativement à certains pays de la même taille économique qu’elle, à l’instar de la Côte d’Ivoire, du Ghana ou de l’Ethiopie.

Pour combler ce fossé et être émergent, le Gicam pense qu’il  faut stopper la mauvaise gouvernance publique. Cela passe par certaines réformes audacieuses.  Comme la fonte d’un certain nombre de départements ministériels, à l’instar de la fusion du ministère  des Finances et celui de l’Economie, la fusion du ministère des Mines, de l’industrie avec le ministère du Commerce et le ministère des PME. Le premier patronat estime qu’avec une fusion de ces départements ministériels, l’on aura des gains de temps et une meilleure organisation de l’action, notamment en matière économique.

Les patrons du Gicam suggèrent de maximiser les revenus non fiscaux d’une façon assez substantielle. Ici l’on a en vue des revenus mobiliers, ceux tirés des activités commerciales,  des revenus tirés des activités de jeu et autres types d’activités pouvant nécessiter des pénalités. Par ailleurs, il est suggéré un audit du patrimoine financier de l’Etat ainsi que le patrimoine non financier de l’Etat avec le concours de la Société nationale des investissements (SNI). Cela permettrait d’avoir une visibilité sur l’existant, mais surtout pour  mettre en place une politique de gestion de ce patrimoine financier et non financier.

L’opacité singularise les revenus pétroliers et gaziers du Cameroun. Le Gicam pense que la gestion de ces revenus doit être transparente afin d’optimiser les revenus non fiscaux. Il est difficile de trouver un site internet des ministères du Cameroun qui soit mis à jour de manière quotidienne. La digitalisation ici est chantée, mais, pas toujours appliquée. Il est donc suggéré une véritable digitalisation des procédures administratives afin de gagner en temps et en efficacité.

Le document s’appesantit sur un aspect. L’industrialisation. Qui doit se matérialiser à travers trois piliers : l’agro-industrie – développer un tandem qui saura unir le secteur secondaire et tertiaire en l’occurrence- le second pilier, le transport. Le Cameroun devra jouer son rôle de porte d’entrée de la sous-région Afrique centrale au point de proposer certains de ses services aux pays voisins comme la fibre optique pour renforcer ses revenus, et le troisième pilier, l’énergie. « On ne peut pas développer un pays si on n’a pas d’énergie. Il faut de l’énergie. Le Cameroun regorge de l’énergie, celle qui est la moins chère, celle qui est bonne pour l’industrialisation du Cameroun parce qu’elle sera disponible. Cette énergie-là est hydraulique. Nous sommes à 35 % du potentiel de l’énergie hydraulique  du Cameroun. Il est urgent d’investir massivement dans cette énergie-là, parce que c’est une énergie propre, pas chère », observe le Gicam.

Le Livre Blanc de l’économie camerounaise coûte 50.000 FCFA, il faut se rapprocher du Secrétariat exécutif du premier patronat camerounais pour avoir une copie. Mais les membres à jour des exigences du Gicam l’ont, sans rien débourser. La Premier ministre chef du gouvernement était le tout premier à avoir une copie des mains de Célestin Tawamba –président du Gicam- ainsi que le ministre des Finances (Minfi), celui de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) entre autres. Dans le viseur à présent, la présidence de la République.

Aloys Onana

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