Expulsion : l’activiste Olivier Tchanang chassé d’Allemagne pour défaut de papiers

L’activiste a accepté de diffuser la vidéo le montrant couvert de sparadrap le 11 janvier. Nous reprenons ici son propos.

Je vais dire, je n’ai pas beaucoup à dire, je suis vraiment traumatisé encore, je vais dire ceci, c’est que, quand vous arrivez en Allemagne, c’est l’intégration et c’est ça que je suis entrain de faire. J’ai pas de problème en Allemagne ici. J’ai pas fait une bêtise ou bien une connerie ou bien fait un problème ou bien quoique ce soit, non ! Jamais ! Et je n’aimerai pas être cet homme-là qui est venu dans un pays étranger commencer à faire du n’importe quoi, ne suit pas les règlements, ne suit pas les lois. J’aimerais être droit. Je suis en procédure, donc j’ai pas fini l’intégration.

 Comment se fait-il que pendant que je suis entrain de m’intégrer tout doucement, je n’arrive pas à trouver un boulot, ils viennent à 4h du matin me demander de faire mes bagages, de ranger mes téléphones dans mes bagages, pour ne pas que je sois en contact avec quelqu’un, que je dois rentrer en Italie. Je les (sic) présente mon dossier médical, parce que je suis dépressif, je les présente mon dossier médical, ils ne tiennent pas compte de ça. On me dit seulement d’arranger mes bagages et de faire vite. Ok. Moi j’ai compris que la situation est critique pour moi, il faut que j’agisse. Et comme je suis dépressif, j’ai souvent les problèmes, mais je n’ai jamais fais du mal à quelqu’un, c’est juste que les situations de la vie, les pertes, les disparitions, la famille, mes enfants, ma femme, je les ai perdus dans l’eau en Italie. Donc, j’ai complètement perdu le contrôle, donc la colère a été plus fort (sic), j’ai commencé à me scarifier le corps, pour éviter l’expulsion.

Après ça ils m’ont aspergé les lacrymogènes, j’ai réussi à m’en fuir, arrivé en forêt j’ai fait plus de  trois heures, je ne sais plus, je me suis réveillé le matin, je suis rentré encore au camp, j’ai trouvé que ma chambre, il (sic) est fermé, je suis remonté chez un ami en haut. Quand ils m’ont vu ils ont tous pleuré. Ils ont tous pleuré ! Ils ont pris des photos, tout ça. Ils m’ont demandé d’attendre 9 heures, parce que le médecin arrive à 9h. Je venais d’arriver dans ce centre-là. Quand 9h est arrivée, nous sommes allés tous ensemble, arrivés, on a trouvé le camp était miné de policiers, des chiens, tout ça, donc, quand ils m’ont vu ils ont bloqué mes amis, ils ont encore voulu venir vers moi. C’est là où j’ai dis, vous allez seulement me tuer une fois. Donc j’ai encore pris le couteau pour vouloir en finir une fois, ils m’ont encore aspergé des lacrymaux. C’est là où j’ai réussi encore à m’en fuir, encore une fois du côté de la forêt, ils ont réussi à me prendre. Ils m’ont tellement torturé ! Ils m’ont étouffé ! Ils m’ont fait des choses inadmissibles pour un être humain.

Donc après ils m’ont intégré dans un entre psychiatrique avec des fous. Dans un centre psychiatrique avec des fous !  Moi je suis un homme de paix, j’aime pas quand je me sens menacé, c’est là où ma colère se déverse. Je ne suis pas un homme à problèmes. Donc j’ai réussi à m’en fuir de ce centre psychiatrique là, je suis arrivé chez mon ami Trésor, pour que lui et moi on essaie de voir ce qu’il peut faire.

Propos transcrits par

Roger Powell Messasa

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