Dialogue social : signature d’une charte nationale bipartite entre mouvements syndicaux et patronaux

Les mouvements syndicaux et les patrons de leurs entreprises mènent très souvent une cohabitation ambiguë empreinte de confiance et de méfiance. Les deux aspects font surface en temps de ‘’paix’’ ou lors des mésententes pouvant paralyser le fonctionnement de l’entreprise, et la mise en jeu de l’emploi. Depuis 1999 donc, les deux parties travaillaient sur les meilleurs termes qui feraient que les intérêts en apparence divergents, soient plutôt unis autour d’un seul pôle : la protection de l’emploi.

L’aboutissement de ces longues années d’études et de travail a eu lieu le 6 juillet 2021 à Douala avec la signature de la Charte nationale du dialogue sociale bipartite au Cameroun. Autour de la table, des mouvements syndicaux à l’instar du CGTC, CSTC, CSAC, UGTC entre autres, tous, de puissants mouvements syndicaux. Face à eux, le Gicam et Ecam, des mouvements patronaux à la robustesse inégalée dans l’univers économique camerounais.

Les mouvements patronaux saluent cet aboutissement. « Nous construisons cet écosystème du dialogue social entre le patronat et les confédérations syndicales. Il est curieux de voir le patronat et les mouvements syndicaux signer une convention, parce qu’on a certainement des intérêts ‘’divergents’’ alors on se demanderait ils s’entendent pourquoi ? Contre qui. Nous avons la réponse, l’intérêt commun c’est l’emploi. Les enjeux de la transformation rapide de notre économie, des enjeux de la place encore plus faible de la ressource humaine dans le capital des entreprises, des enjeux intégrés avec l’arrivée de la pandémie 19 dans notre capacité à nous inventer et se déployer avec certitude, nous avons donc intérêt à codifier ensemble le cadre de travail qui permet que nous puissions travailler en respectant un certain nombre de règles, d’où cette charte », déclare Célestin Tawamba, président du Gicam.

Isaac Bissala, président de l’UGTC et porte-parole des  syndicats pense que « c’est un grand jour pour le monde du travail en général et les partenaires sociaux en particulier. Pour la première fois au Cameroun, les partenaires sociaux ‘’signent’’ une Charte du dialogue social bipartite. Depuis 1999, l’Organisation internationale du travail a accompagné les employeurs et les travailleurs dans cette démarche qui arrive à son terme. Nous adressons nos remerciements à tous les spécialistes du BIT et à celui d’ACTEMP en particulier. »

Patronats, BIT et syndicats unis pour la cause de l’emploi.

La Charte nationale du dialogue sociale bipartite au Cameroun sera constituée de plusieurs niveaux. Au plan national par la Commission paritaire national, ses membres sont désignés tous les trois ans, la commission paritaire de la branche aura pour mission de prendre en charge les questions sociales  relevant de la branche professionnelle, le comité d’entreprise qui est un organe paritaire composé de la moitié des représentants des mouvements  syndicaux et l’autre moitié les représentants  désignés par l’employeur.

La commission nationale paritaire sera constituée de 10 représentants d’employeurs et 10 représentants d’organisations de travail. Il y aura un président, un vice-président. Le bureau sera élu pour un mandat de trois ans. La présidence et la vice-présidence seront assurées de manière rotative et la commission se réunira deux fois par an en session ordinaire et disposera d’un secrétariat permanent. Les ressources financières proviendront des organisations d’employeurs et des travailleurs, des dons, des appuis des partenaires techniques et financiers.

Emilienne Biboum, présidente de la commission sociale du Gicam précise que La Charte nationale du dialogue sociale bipartite au Cameroun a pour missions d’assurer la sécurité sociale, l’hygiène, la santé et la sécurité au travail, la gouvernance de la prévoyance sociale conformément aux normes CIPRESS, la lutte contre le coronavirus, le VIH Sida, le paludisme, la tuberculose et toute autre pandémie sur le lieu du travail. L’on note la création d’emplois, la formation professionnelle, la formation continue, la lutte contre le harcèlement sur le lieu du travail, la lutte contre le travail des enfants, la lutte contre toutes formes de discrimination, l’approche genre et généralement la défense de tous sujets qui présentent un intérêt commun à l’entreprise.

A.O

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