Covid-19 : les attentes économiques de l’Afrique selon Louise Mushikiwabo

Louise Mishikwabo, au micro de RFI

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) s’est prononcée le 23 avril.

La pandémie du covid-19 touche le monde entier. Ou presque. Mais la partie du monde qui semble intéresser le reste de la planète, c’est le continent noir. De nombreux morts y sont pronostiqués, ce qui est très loin de la réalité, et l’aspect économique intéresse aussi. Le continent étant pauvre, les puissances étrangères redoutent une terrible crise financière qui fasse plus de mal ici.

Au niveau de la direction suprême de l’Organisation de la francophonie, les choses sont vues différemment. « Le monde francophone et le monde entier, cela comprend l’Afrique, ont été durement frappés par cette pandémie, d’abord du point de vue sanitaire et certainement du point de vue économique. Il n’y a pas que l’Afrique qui est frappée économiquement. Le gouverneur de la Banque de France, ce jeudi 23 avril, parlait de l’économie française qui fonctionne aux deux tiers. Mais l’Afrique, jusqu’à présent, n’a pas été aussi frappée que l’Europe ou l’Amérique », relativise la Sectaire générale de l’OIF.

De sa lecture aux micros de France 24 et de RFI le 23 avril 2020, il apparait que l’Afrique a été très prudente dès le début de la crise. Presque tous les pays africains ont pris des mesures pour se protéger et pour limiter la propagation de la maladie. « Vu la faiblesse qui existe dans certaines économies africaines, l’Afrique n’étant pas un seul pays mais plusieurs pays avec des variantes du point de vue économique, certaines s’attendent, même si les effets sont déjà là, à avoir beaucoup de pièces à ramasser à la fin de cette crise », analyse cette rwandaise.

Depuis le début de cette crise sanitaire, de nombreuses voix se sont levées pour demander l’annulation de la dette africaine. C’est le cas du Pape François, lors de son sermon urbi et orbi le jour de Pâques, c’est également le cas de l’économiste camerounais Albert Zeufack qui officie à la Banque mondiale. A toutes ces sommités, la francophonie s’ajoute. « Concernant l’annulation de la dette, moi-même et cette équipe d’Africains internationalistes, beaucoup d’entre nous, des sommités dans le domaine de la finance et de l’économie internationale, nous demandons plutôt un moratoire, un gel sur le paiement de la dette puisque l’Afrique, comme le reste du monde, doit trouver l’espace et le temps de s’adresser à cette question très épineuse de la maladie et puis ensuite remettre ses économies sur les rails.

« En réalité, l’Afrique ne veut pas de traitement spécial. L’Afrique veut comme tous les autres grands pays en Europe et ailleurs qui ont pris des mesures économiques importantes, ont même changé des lois pour pouvoir gérer cette crise et ensuite se préparer à remonter leurs économies après la crise. Donc pour nous, ce qui est important, c’est ce gel, si vous voulez. Il y a encore à faire effectivement, c’est ce qu’on a publié dans cette tribune, parce que d’abord il faudrait considérer tous les pays africains. Aujourd’hui, ce ne sont pas tous les pays, c’est un bon nombre, c’est un bon début mais cette maladie ne discrimine pas les grands ou les petits, ça se voit même à travers le monde. »

economieducameroun.com

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