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Appuis financiers : considérée comme une banque qui ne finance que le secteur public, la BAD veut changer paradigme et courtise le Gicam

by EDC
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La confession à l’allure d’un mea-culpa vient Serge Nguessan, directeur général de la Banque africaine de développement (BAD). Le Cameroun de manière global a reçu 1 594 milliards de cette institution de 2015 à 2022. Seulement, en sept ans dans le volume de cette enveloppe, juste 100 milliards de FCFA  (soit 6,3 % de l’enveloppe totale) ont été injectés dans un projet relevant du secteur privé. Il s’agit du projet hydroélectrique de Nachtigal, qui devra à terme, produire 420 MW.

Autre confession et non la moindre, entre 2000 et 2005, la BAD approuvait environ 3 à 5 projets du secteur privé pour moins de 350 millions de dollars par an. Depuis 2016, c’est un ensemble de 15 à 25 projets qui sont financés par an pour un montant variant entre 2 et 2,5 milliards de dollars. Tous destinés aux Etats, donc au secteur public. L’écart est encore visible entre le bloc économique de l’Afrique centrale et celui de l’Afrique de l’Ouest. « Dans le secteur de prédilection de la BAD qui est les infrastructures de transport, lorsque les régions de l’Afrique australe, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est bénéficiaient de 750 à 850 millions de dollars par an de financements de la Banque aux projets d’entreprises privés, en Afrique centrale c’est moins de 45 millions de dollars injectés par la BAD au secteur privé dans ce secteur. »

MM. Célestin Tawamba et Serge N’guessan.

Cette introspection pousse donc cette banque à changer de stratégie, convaincue en l’occurrence que si le Cameroun aspire à l’émergence, cela ne saurait se faire en laissant le secteur privé sur le bas côté, ce qui justifie la rencontre ce 26 septembre à Douala entre la BAD et le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam). « Je suis à Douala pour affirmer notre volonté à augmenter le nombre de projets financés par la BAD et le volume de financement alloué au secteur privé en Afrique centrale, en commençant par le Cameroun, la locomotive économique de la Région », indique Serge N’guessan.

Même si le volume financier à mettre à la disposition du secteur privé les sept années à venir reste voilé, l’assurance est donnée, la BAD compte instaurer une parité de financement de projets entre le secteur privé et celui public. « Le secteur privé va être au centre du financement des opérations de la Banque au Cameroun dans le cadre de la mise en œuvre de la prochaine stratégie d’intervention du Groupe de la Banque dans le pays qui sera définie avec les parties prenantes camerounaises et qui couvrira la période 2023 à 2030. Par conséquent, cette rencontre d’aujourd’hui est le début d’un renforcement de notre collaboration avec le secteur privé de la sous-région de l’Afrique centrale », confie Serge N’guessan.

Des membres du Gicam et de la BAD.

Le renforcement de la coopération avec la BAD ne déplaie pas au Gicam. Un patronat fort de ses plus de 227 grandes entreprises (statistiques de 2020), 480 petites et moyennes entreprises, des unités qui font travailler plus de 185 426 personnes. « Nous apprécions la visite du directeur général de la BAD  au Gicam. Ce n’est pas quelque chose d’habituel. Nous sommes rassurés  de ce changement de paradigme qu’impulse la BAD dans le financement du secteur privé. Nous étions surpris de savoir que la BAD s’intéresse au secteur privé. Nous avons noté avec satisfaction le changement de méthode, d’approche qui permet véritablement d’intégrer les contraintes du secteur privé dans le financement.  La BAD nous a lancé un défi, un challenge et nous devons être capables  d’essayer, nous allons nous faire le porte parole de cette nouvelle stratégie de la BAD  auprès des acteurs économiques afin que cette image de banque qui ne finance que l’Etat puisse changer, que les entreprises puissent elles aussi se réinventer, être plus innovantes, plus performantes et être à la hauteur des attentes pour qu’on puisse transformer notre économie », déclare Célestin Tawamba, président du Gicam.

A l’en croire, les patrons pourront soumettre des projets en lien avec tous les secteurs économiques à fort impact, allant de la transformation industrielle à l’énergie renouvelable en passant par des infrastructures de divers ordres.

Aloys Onana

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